Début de la campagne présidentielle à Djibouti sur fond d'appel au boycott

Vue d'une rue de la ville Djibouti en 2016 (image d'illustration).
Vue d'une rue de la ville Djibouti en 2016 (image d'illustration). Flickr.com CC BY 2.0 Francisco Anzola

À Djibouti, la campagne électorale a commencé hier en vue de la présidentielle du 9 avril. Il n’y en a que deux candidats, le président sortant Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999 et qui brigue un 5e mandat. Face à lui, Zakaria Ismael Farah un homme d’affaires président du parti MDEND. Le reste de l’opposition a boycotté.

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Avec notre correspondant régional, Sébastien Németh

Le président Guelleh a commencé sa tournée électorale par un meeting à Tadjourah, dans le Nord. Une dizaine de rassemblements sont programmés jusqu’au 7 avril. Face à une opposition qui boycotte et qui accuse le chef de l’État de s’éterniser au pouvoir, Daoud Houmed, porte-parole de la majorité, balaye les critiques.

« Ses réalisations sont visibles à l'œil nu. Les Djiboutiens vont pouvoir juger le bilan. Il n'y a pas de limite de mandat à Djibouti. L'opposition avait toute la latitude de présenter son candidat. On ne peut changer le cours des choses que par la voie des urnes, assène le porte-parole de la majorité. Donc ce n'est pas en boycottant que l'opposition va convaincre les Djiboutiens du bien-fondé de ses démarches. »

L'opposition prévoit « une chute inéluctable de la dictature »

Plusieurs partis d’opposition, ONG et activistes sont sur le point de signer une charte. Le texte prévoit une transition politique avec de nouvelles institutions, pour se prémunir contre le chaos après la « chute inéluctable de la dictature », indique l’opposition. Mohamed Kadamy, le patron du groupe rebelle FRUD s’est associé à l’initiative.

« Les élections ne servent plus à rien à Djibouti. Et donc plus le pouvoir s'éternise, plus les risques de chaos et d'instabilité seront présents. La raison pour laquelle nous avons organisé cette charte de transition, c'est pour empêcher le chaos. Dès la chute du pouvoir, cette charte doit s'appliquer. Et comme Guelleh ne partira pas de lui-même, nous construisons un rapport de force par des luttes multiformes pour le dégager.  »

Le parti RADDE ne s’est pas associé, estimant qu’on ne pouvait pas prévoir une transition tant que le pouvoir était en place. Vendredi, ses partisans ont manifesté pour la 11e semaine de suite contre le 5e mandat. Le chef de file du RADDE, Abdourahman Mohamed Guelleh, appelle les Djiboutiens à ne pas voter ou à mettre un bulletin déchiré dans l’urne.

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