Au Mozambique, la situation de Palma reste incertaine après l’attaque des jihadistes

Des militaires mozambicains dans le Cabo Delgado.
Des militaires mozambicains dans le Cabo Delgado. AFP/File

Palma est désormais une ville fantôme après l'attaque de grande ampleur menée ces derniers jours par des combattants d'un groupe jihadiste affilié à l'organisation État islamique. La majorité de ses 75 000 habitants ont fui la ville.

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Lundi 29 mars, les autorités de Maputo ont organisé un vol en hélicoptère pour des journalistes. Se trouvait notamment à bord un journaliste de l'agence de presse portugaise. L’appareil est passé à proximité de Palma. Le journaliste décrit une ville fantôme, désertée par ses habitants.

Selon un expert, les combattants jihadistes ont quitté la ville, laissant seulement quelques hommes derrière eux pour ralentir la progression des forces mozambicaines, qui avanceraient maison par maison. Les déplacés, eux, continuent d'affluer par milliers dans les villes alentours, en ayant parfois parcouru plus de cent kilomètres à pied. Il n'y a toujours pas de bilan clair concernant le nombre de victimes.

Les États-Unis et le Portugal proposent leur aide

Après avoir exprimé leurs inquiétudes face à cette situation dans le nord du Mozambique, le Portugal et les États-Unis se disent prêts à aider Maputo. Des déclarations que les deux pays avaient déjà faites. L'attaque de Palma leur donne l'occasion de réaffirmer cette coopération et de la préciser en partie.

Ainsi, le Portugal annonce l'envoi dans les prochaines semaines d'une soixantaine de militaires qui participeront à la formation de forces spéciales. Il y a deux semaines déjà, le commandement de l'armée américaine pour l'Afrique, Africom, avait annoncé un programme de formation de deux mois.

Quelques jours plus tôt, le 11 mars, les États-Unis avaient placé le groupe jihadiste mozambicain sur leur liste des organisations terroristes au même titre que les ADF actifs dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Deux groupes du continent qui ont fait allégeance à l'État islamique pour composer une branche Afrique centrale de l'organisation.

Un groupe de quelques milliers de personnes

En ce qui concerne le groupe mozambicain, l'affiliation à l'EI date de 2019, bien après l'émergence du mouvement issu de doléances locales exprimées par des jeunes avec des revendications religieuses bien réelles. Le mouvement a pris de l'ampleur. Il est capable de mener des attaques très bien préparées comme celle de Palma. Les experts estiment ses effectifs à quelques milliers de personnes, des combattants avec des ressortissants venus d'autres pays, mais aussi des femmes et des enfants.

Face à ce mouvement, selon les experts, l'armée mozambicaine est divisée, désorganisée dans une zone, le Cabo Delgado, stratégique, car elle regroupe d'importants investisseurs étrangers en raison des ressources gazières : notamment le français Total, l'américain Exxon Mobil et l'Italien ENI.

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