Migrations: l'OIM dénonce le renvoi des migrants en Libye et leur détention arbitraire

Des gardes-côtes libyens au large de Syrte. (image d'illustration)
Des gardes-côtes libyens au large de Syrte. (image d'illustration) REUTERS/Hani Amara

Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de de 1 100 migrants ont été interceptés en large des côtes libyennes par les garde-côtes depuis samedi 27 mars. Ils sont renvoyés dans des camps de rétentions à Tripoli où les conditions sont déplorables. Cinq personnes ont péri pendant des opérations de sauvetage mardi et 77 ont été repêchés, selon l’OIM, qui dénonce le renvoi de ces migrants dans un pays en proie au chaos.

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« C’est la conséquence d’une politique migratoire irresponsable » a tweeté Safa Msehli, porte-parole de l’OIM à Genève suite à la mort de cinq nouveaux migrants, dont deux femmes et trois enfants mardi 30 mars au large de la Libye.

Face à cette nouvelle vague d’interceptions, l’OIM a réaffirmé que « la détention arbitraire doit cesser ». En Libye, des milliers de migrants retenus dans des centres sous la responsabilité de l’État ont été victimes de toutes sortes d’exactions.

Selon l’OIM, plus de 235 migrants sont morts en Méditerranée centrale en tentant la traversée vers l’Europe depuis le début de l’année. Sans compter les « naufrages invisibles » où il n’y a ni témoins ni rescapés.

Un accord signé entre la Libye et l’Italie en 2017 permet aux garde-côtes libyens, formés par l’Union européenne, d’intercepter les migrants tant qu’ils sont dans les eaux territoriales libyennes.

En février 2020, Amnesty international indiquait que depuis la signature de l’accord 40 000 personnes, dont des milliers de mineurs ont été interceptées puis renvoyées en Libye où elles sont « exposées à des souffrances inimaginables ».

Alarm Phone, l’assistance téléphonique aux personnes en détresse en Méditerranée dénonce à Info Migrants les garde-côtes libyens qui sont : « l’outil européen pour maintenir les gens en mouvement hors d’Europe et les laisser mourir ».

Mohamad Hammouda, le porte-parole du gouvernement libyen, reconnaît que le nouvel exécutif ne s’est pas encore penché sur cette question des migrants qui, selon lui, relève d’« une responsabilité commune » avec l’Europe.

 

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