L’opposition djiboutienne crée une nouvelle coalition

Des Djiboutiens écoutent le discours d'un candidat pendant l'ouverture de la campagne présidentielle, le 9 avril à Arta.
Des Djiboutiens écoutent le discours d'un candidat pendant l'ouverture de la campagne présidentielle, le 9 avril à Arta. AFP - -

Trois partis politiques, le mouvement armé FRUD, quatre ONG et une douzaine d’activistes ont signé la Charte pour une transition démocratique. Alors que le pays s’approche de l’élection du 9 avril, cette coalition se dit certaine que le régime finira par tomber. Elle a donc décidé de proposer un programme de transition.

Publicité

Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Alors que le président Guelleh, au pouvoir depuis 22 ans, est candidat à un cinquième mandat, l’opposition prépare l’après. La charte prévoit une transition de deux ans avec de nouvelles institutions et de profondes réformes politiques, sécuritaires ou encore économiques. Pour Adan Mohamed Abdou, président du parti ARD, il faut anticiper la chute du président Guelleh pour éviter l’anarchie.

« Nous ne voulons pas nécessairement que le pouvoir disparaisse brutalement, nous voulons que cela soit fait pacifiquement. Mais on ne peut pas anticiper tel ou tel scénario. Lorsque le régime partira, il ne faut pas que nous soyons surpris, il ne faut pas que le chaos prenne le dessus. Quand le régime sera renversé, c'est cette charte-là qui sera pour nous opérationnelle et nous nous apprêtons déjà à prendre la relève. »

Plus qu’un texte, la Charte se présente comme une nouvelle formation politique, avec un programme en préparation. Côté pouvoir, on balaye cette initiative.

« L'opposition djiboutienne est totalement désorientée. La transition démocratique à laquelle elle fait allusion ne se décrète ni à Nantes [en France, où a été signée la charte, NDLR], encore moins à Bruxelles. Elle se décide par la voix des urnes. Il appartient au peuple souverain de Djibouti de décider à qui confier les destinées du pays. Par conséquent, le peuple souverian ne peut pas faire confiance à une coalition qui est totalement irresponsable », indique Daoud Houmed, porte-parole de la majorité.

Les signataires disent vouloir créer un rapport de force avec le régime. Ils avertissent que si le pouvoir s’écroule brutalement, un chaos type Somalie ou une dictature type Érythrée pourraient émerger si la transition n’est pas préparée.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail