Pour Paul Kagame, le rapport Duclert est «un pas de plus vers une compréhension commune»

Le président Kagame lors des 27es commémorations du génocide au Rwanda. Le 7 avril 2021.
Le président Kagame lors des 27es commémorations du génocide au Rwanda. Le 7 avril 2021. REUTERS - JEAN BIZIMANA

« Un pas important et un signal de changement » : voilà la première réaction du président rwandais à la publication du rapport Duclert sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis. Paul Kagame s’exprimait ce mercredi 7 avril à l’occasion du début des 27es commémorations du génocide à Kigali. Des commémorations qui interviennent  comme l'année dernière en pleine pandémie de Covid-19. À Kigali, les cérémonies se tiennent donc en petit comité et sont  retransmises à la télévision.

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Avec notre correspondante à Kigali, Laure Broulard

Le président Paul Kagame s’est d’abord exprimé en Kinyarwanda, puis en anglais. « Ce sont les 27e commémorations, mais ce n’est pas pour nous de la routine », a lancé le président rwandais, évoquant la vérité historique, la lutte contre le négationnisme, et remerciant les rescapés pour leur courage. Le Rwanda n’a jamais été aussi uni qu’il ne l’est aujourd’hui, a-t-il ajouté. Le président s’adressait aux Rwandais depuis la Kigali Arena, le stade de basketball de Kigali devant des représentants des rescapés, du gouvernement et du corps diplomatique.

La marche du souvenir et la veillée annulées

Paul Kagame a évoqué  le rapport de la commission Duclert : « Les vies des Rwandais n’étaient que des pions sur l’échiquier géopolitique », dit-il en évoquant le fait que le gouvernement de François Mitterrand était au courant de l’intention génocidaire de ses alliés rwandais, mais qu’il a continué à les soutenir malgré tout pour des raisons géopolitiques. Paul Kagame salue cependant le travail des historiens français. « Il marque un pas de plus vers une compréhension commune de ce qui s’est passé, mais aussi un changement et un désir de la part des leaders français d’avancer vers une bonne compréhension des faits », avant de revenir sur le déni qui selon le président rwandais prévalait jusqu’ici en France.

« Les efforts de certains officiels français pour dissimuler leurs responsabilités pendant des dizaines d’années ont fait des dégâts importants. L’histoire a été falsifiée, le mensonge du double-génocide a été diffusé, tandis que de présumés génocidaires ont trouvé différents refuges et que les demandes d’extradition du Rwanda étaient refusées. Mais tout ca ne concerne pas seulement la France, j’en parle car je parlais du rapport Duclert ». 

Paul Kagame a également rappelé la publication prochaine d’un autre rapport commissionné par Kigali en 2017 et dont les conclusions vont, dit-il, dans la même direction que celles du rapport Duclert. « Le Rwanda aura aussi son mot à dire » a-t-il lancé. 

Plus tôt ce mercredi 7 avril, Paul Kagame était  au mémorial du génocide de Gisozi à Kigali ou il a allumé la flamme du souvenir avec sa femme Jeannette Kagame flamme qui marque le début des commémorations et qui restera allumée pendant 100 jours, c’est-à-dire la durée du génocide. Alors comme l’année dernière, les commémorations sont limitées à cause de la Covid-19. L’habituelle marche du souvenir et la veillée au stade national ont été annulées, un coup dur pour les rescapés et donc pour les cas de stress post traumatique, qui sont toujours plus nombreux durant cette période. Les autorités ont mis en place des numéros verts et des équipes d’agents de santé locaux spécialement formés pour ce type de cas.

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