Présidentielle au Tchad : la campagne électorale s'achève dans un climat tendu

Des partisans du président sortant Idriss Déby lors de son dernier meeting de campagne à Ndjamena, le 9 avril 2021.
Des partisans du président sortant Idriss Déby lors de son dernier meeting de campagne à Ndjamena, le 9 avril 2021. AFP - MARCO LONGARI

Le Tchad vote demain dimanche 11 avril pour la présidentielle. 7 candidats sont en lice, dont le président Idriss Déby au pouvoir depuis 30 ans et qui brigue un 6e mandat. La campagne électorale s’est achevée vendredi soir à minuit. Une campagne dominée par un seul candidat.

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Avec notre envoyée spéciale à Ndjamena, Alexandra Brangeon

Les affiches du président Idriss Déby sont partout dans Ndjamena. Vendredi, sa campagne s’est achevée par un discours d’une trentaine de minutes dans un stade archicomble du centre-ville.

En face, l’opposition était quasiment absente de la capitale. Un seul candidat avait prévu d’y tenir un dernier rassemblement. Mais le chef de file de l’opposition – Nialbe Felix Romadoumngar  – ne s’est finalement pas présenté, pour cause de convalescence après avoir attrapé le Covid.

Trois autres candidats, l’ancien Premier ministre Albert Pahimi Padaré, Lydie Beassemda, première femme à être candidate à la présidentielle et Baltazar Alladoum ont eux aussi choisi de clore leur campagne par un meeting en province.

Une campagne qui s’achève sur fond de tension avec l’arrestation la veille de quatre responsables de petits partis d’opposition et 1 responsable de la société civile, accusés par le gouvernement d’avoir planifié des actes terroristes, notamment « l’attaque du siège de la Commission électorale nationale indépendante et le saccage de bureaux de vote ».

Les militaires et les nomades doivent voter ce samedi, les militaires afin d'assurer la sécurité le jour du scrutin.

Par ailleurs, l'accès aux réseaux sociaux ou à internet a été bloqué dans des provinces aux alentours de Ndjamena, la capitale. Des coupures que dénonce l’ONG Amnesty International.

L’accès aux réseaux sociaux et à internet est un droit fondamental, il est indissociable de la liberté d’expression. Nous demandons au gouvernement de respecter les textes internationaux mais aussi les lois tchadiennes qui garantissent la liberté d’expression pour tous les citoyens.

Abdoulaye Diarra, chercheur sur l’Afrique centrale à Amnesty

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