Comores: l’opposition monte au créneau après la mort d'un major retraité dans une caserne

Une rue principale de Moroni, aux Comores, en mars 2019. (image d'illustration)
Une rue principale de Moroni, aux Comores, en mars 2019. (image d'illustration) YOUSSOUF IBRAHIM / AFP

À Moroni, le front commun de l’opposition a tenu une conférence de presse mardi 13 avril afin notamment de revenir sur le décès du major retraité Hakim, survenu lors d’un interrogatoire dans une caserne à Anjouan. Le gouvernement explique sa mort de différentes manières, mais toutes naturelles. De nombreuses questions se posent. L'opposition demande que les autorités religieuses et judiciaires se positionnent. 

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Avec notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama

Le gouvernement comorien a évoqué un malaise lors de l’interrogatoire du major Hakim, alors que le front commun de l’opposition remet en question jusqu’à la procédure durant laquelle le militaire retraité a trouvé la mort. Il n’hésite pas à employer le mot « meurtre ».

« C’est un ancien militaire retraité. Maintenant, il doit bénéficier des droits d’un civil. Ce n’est pas un accident qui lui est survenu en cours de route. Il a été arrêté par l’armée qui n’a pas les prérogatives pour faire des missions pareilles, affirme Abdourazak Razida, porte-parole du front commun de l'opposition. Il aurait dû être transféré à la gendarmerie, mais ils l’ont gardé dans un camp militaire. On se demande si on ne l'a pas enterré vivant. C’est une question qu’on se pose. »

« Le chef d'État-major ne peut pas ne pas être au courant »

Les déclarations au sein même des autorités divergent à propos du moment où elles ont découvert l’affaire. L’opposition y voit une tentative de dissimulation. « Le chef d’état-major était à Anjouan le jour où on l’a assassiné et le soir où on l’a enterré. Mais le jour où on l’a déterré, il était déjà à Moroni. Donc, il est au courant de tout ce qu’il s’est passé. Parce que c’est lui le chef d’état-major. Tout s’est passé dans un camp militaire dont il est le chef. Probable qu’il ne connaît pas les personnes qui l’ont exécuté. Mais il ne peut pas ne pas être au courant jusqu’à arriver en catimini à Moroni le matin (le lendemain, ndlr). Il y a plein de questions qui restent sans réponses. »

Le major Hakim a été enterré habillé, secrètement et sans prière. L’opposition réclame un positionnement clair de la part du mufti et du ministre des Affaires islamiques.

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