Kenya : le durcissement des mesures anti-Covid-19 conditionne le ramadan

Comme tous les musulmans du Kenya, Sakina renoncera à se rendre chaque soir à la mosquée, désormais fermée (photo d'illustration).
Comme tous les musulmans du Kenya, Sakina renoncera à se rendre chaque soir à la mosquée, désormais fermée (photo d'illustration). AFP/Simon Maina

Le Kenya, en ce premier jour de ramadan, le Kenya est lui aussi frappé par une troisième vague de Covid-19, plus virulente que les précédentes, forçant le gouvernement à durcir les mesures. Le couvre-feu a été instauré de 20h à 4h du matin ainsi que la fermeture des lieux de culte et l’interdiction des rassemblements pour les deux prochains mois.

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Avec notre correspondante à Nairobi, Charlotte Simonart

Cette année encore, les musulmans du Kenya se préparent à un ramadan perturbé par la pandémie. Almasi, 23 ans, a fait un long voyage depuis l’Australie pour rejoindre sa famille, ici au Kenya, et y passer le ramadan mais c’était avant le durcissement des mesures anti-Covid-19 imposées par le gouvernement.

« Nous avons dû changer nos traditions »

« Je suis assez déçue. Malheureusement, nous avons dû changer nos traditions. Habituellement, dans cette grande pièce-ci, nous installons un grand tapis sur le sol et nous invitons jusqu’à 40 personnes. Nous partageons beaucoup de nourriture, nous célébrons le jour ensemble avec amour mais cette année, il n’y aura que les membres de ma famille proche », regrette Almasi.

Dans la cour de la maison familiale, sa mère, Sakina, s’active pour préparer des paquets de nourriture pour les plus démunis car, Covid-19 ou pas, ramadan doit rimer avec solidarité.

« Cela me rend triste mais en même temps, c’est une leçon pour nous tous. D’habitude, les habitants vivant dans les bidonvilles alentour viennent ici manger chez moi. C’est ainsi tous les vendredis à chaque ramadan, depuis plus de 20 ans, mais cette année encore, je ne peux pas le faire. Alors je prépare des paquets de nourriture pour ceux qui sont dans le besoin. Pas seulement pour les musulmans mais pour tous ceux qui souffrent depuis l’arrivée du Covid », précise Sakina.

Sortir renforcée de l'épreuve

Comme tous les musulmans du Kenya, Sakina renoncera à se rendre chaque soir à la mosquée, désormais fermée mais ces mesures, dit-elle, ne l’empêcheront pas de prier pour sortir renforcée de cette épreuve.

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