Reportage

Ouganda: les imams s'organisent pour un ramadan sans grand rassemblement

La mosquée Kibuli dans la capitale ougandaise Kampala en 2020.
La mosquée Kibuli dans la capitale ougandaise Kampala en 2020. © Wikimedia Commons CC-BY-SA 4.0 Alvinategyeka

Le début du mois du ramadan aura lieu ce mardi 13 avril en Ouganda. Distanciation sociale et restrictions liées au Covid-19 devront être respectées dans les mosquées. Les croyants se prépare à des célébrations sans grand rassemblement notamment à la mosquée Kibuli.

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Avec notre correspondante à Kampala, Lucie Mouillaud

À l’intérieur de la salle de prière, Elias Yacine, l’assistant de l’imam de la mosquée, inspecte les autocollants installés sur la moquette pour le respect des distanciations sociales.

« Tous les croyants doivent respecter une distance de deux mètres entre les tapis de prière et, évidemment, tout le monde doit porter un masque », précise-t-il.

La mosquée ne peut recevoir qu’une centaine de croyants contre trois cents, avant la pandémie. Et cette année, les prières nocturnes du ramadan seront limitées par le couvre-feu à 21h00.

« Les restrictions posent des problèmes pour les rassemblements après la rupture du jeûne. Normalement, après la rupture, les prières durent deux heures, mais nous allons devoir nous limiter à une heure seulement à cause du couvre-feu. Tout le monde doit pouvoir rentrer à l’heure, après la prière », indique Sheikh Mutyaba Abdul Salamu, imam de la mosquée de Kibuli.

Restrictions frustrantes pour les fidèles

Après un ramadan confiné en 2020, les restrictions restent frustrantes pour les croyants installés devant la mosquée, comme Husseina Ali : « L’année dernière, ce n’était pas comme un vrai ramadan, et c’est très décevant pour nous de ne pas pouvoir prier ensemble pour la deuxième année consécutive, de ne pas pouvoir nous conseiller et nous donner de l’énergie ensemble ».

Mais malgré les limites imposées aux rassemblements, maintenir les objectifs du ramadan reste le plus important pour l’imam de Kibuli.

« Le ramadan est un mois de bénédiction. La solidarité reste. Le premier jour, certains font des dons pour que les plus pauvres puissent tenir pendant tout le mois. Donc nous n’allons pas souffrir des restrictions parce que le ramadan reste une bénédiction », ajoute-t-il.

Même si la mosquée s’est adaptée aux restrictions, tous les croyants espèrent un retour à la normale le plus vite possible.

►À écouter aussi : Reportage France - Un ramadan pas comme les autres ?

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