Tchad: montée de fièvre dans le Nord à la suite d’une offensive des rebelles du Fact

Un policier tchadien aux abords du marché central de Ndjamena.
Un policier tchadien aux abords du marché central de Ndjamena. REUTERS/Moumine Ngarmbassa

Au Tchad, une nouvelle coalition rebelle, le Conseil national pour le changement, a annoncé avoir lancé une marche vers Faya-Largeau, dans le Tibesti, même si aucune autre source ne confirme pour le moment. Le gouvernement semble en revanche préoccupé par l’offensive lancée par le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (Fact), dans les départements de Wour et Zouar au Tibesti. Les deux parties se livrent également à une guerre des communiqués.

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Dans un premier temps, l’armée tchadienne parle dans un communiqué rendu public ce lundi matin d’« une bande de terroristes » repérée dans la zone de Zouarké, avant d’assurer que « toutes les dispositions ont été prises pour les neutraliser ».

Mais signe sans doute que le gouvernement prend au sérieux ce qui se passe dans le nord du pays, un communiqué de son porte-parole, Cherif Mahamat Zené, sorti un peu plus tard, annonce qu’ils font face à « plusieurs colonnes, lourdement armées […], en provenance de la Libye ». Il annonce également des attaques de l’aviation tchadienne sur l’ennemi et assure que « ces mercenaires tchadiens sont en débandade ».

Un communiqué rendu public sur le site du ministère français des Affaires étrangères confirme « l’entrée en territoire tchadien depuis la Libye » du Fact, en déconseillant « formellement » à ses ressortissants tout déplacement dans le Borkou, l’Ennedi et le Tibesti (le BET).

L’armée tchadienne achemine des renforts

De leur côté, les rebelles du Fact ont dénoncé depuis ce lundi des bombardements qui auraient fait, selon eux, de nombreux morts parmi les civils. Ils annoncent avoir abattu deux avions et un hélicoptère, ce lundi. Les bombardements ont repris ce matin, toujours selon les rebelles. Leur leader Mahamat Mahdi Ali assure qu’ils contrôlent désormais un périmètre qui comprend les localités de Zouarké et Wour, à 400 kilomètres environs au sud de la frontière avec la Libye. Mais impossible de confirmer ou d’infirmer tout ce que disent les deux parties.

Depuis le début de l'offensive, Mahamat Mahdi Ali dénonce des survols de ses troupes par des avions de reconnaissance français, qu’il accuse de fournir des informations à l’armée tchadienne. Il dit surtout craindre une intervention directe de l’armée française, comme cela s’était passé il y a deux ans lorsque ses Mirages avaient stoppé net la progression des rebelles de l’UFR, en provenance, eux aussi, de la Libye.

Selon des sources concordantes, les soldats présents dans le secteur ont déserté leurs positions devant des rebelles venus en force, mais l’armée tchadienne a commencé à acheminer de nombreux renforts dans la zone. « L’objectif est de les empêcher de prendre pied dans la région, ça serait très dangereux pour l’avenir », explique une source de la présidence, en faisant référence à l’épisode du MDJT, il y a une vingtaine d’années.

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