Somalie: la prolongation du mandat présidentiel contrarie la communauté internationale

Le président de la Somalie, Mohamed Abdullhi Mohamed «Farmajo», le 26 novembre 2018.
Le président de la Somalie, Mohamed Abdullhi Mohamed «Farmajo», le 26 novembre 2018. Yasuyoshi CHIBA / AFP

Le mandat du chef de l’État a expiré début février. Depuis des mois, il négocie avec l’opposition et les régions fédérales somaliennes, sans parvenir à un accord permettant l’organisation d’élections. Lundi, la chambre basse du Parlement a voté une prolongation de deux ans du mandat présidentiel, entraînant un tollé au sein de la communauté internationale.

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Avec notre correspondant régional, Sébastien Németh

La communauté internationale a radicalement changé de ton. Antony Blinken a annoncé que les États-Unis allaient réévaluer leur relation avec la Somalie, notamment leur assistance et leur engagement diplomatique. Le secrétaire d’État américain cite ainsi de possibles sanctions et restrictions de visa.

Le Haut Représentant européen pour les Affaires étrangères a estimé qu’il ne pouvait pas accepter cette prolongation en l’absence d’un consensus politique. Josep Borrel parle d’une « grave menace pour la paix et la stabilité ». Sans retour au dialogue, l’Union européenne « examinera d’autres mesures concrètes », dit-il. Idem pour Londres qui annonce que sans consensus politique, la relation avec Mogadiscio sera réévaluée.

Crainte d'une période d'instabilité

Mais ces propos n’ont pas fait reculer le président Farmajo. Mardi, le chef de l’État a entériné la résolution de la chambre basse, lui donnant force de loi. Il a également déchu le chef de la police de Mogadiscio. Le brigadier général Sadik Omar, qui avait voulu bloquer le vote de lundi, s’est vu retirer ses grades et son salaire.

Après des semaines passés à Mogadiscio, les présidents du Puntland et du Jubbaland eux sont repartis, mettant fin, de facto, au dialogue.

Et l’onde de choc n’a pas fini de se faire sentir. Le Somali National Salvation Forum, qui rassemble plusieurs hauts responsables d’opposition décrit la résolution comme illégale et a promis des mesures pour empêcher son application. Beaucoup craignent désormais une grave période d’instabilité, voire une reprise de la guerre civile.

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