Nigeria: les populations fuient Damasak, dans l'État de Borno, cible d'attaques jihadistes

Un soldat nigérian monte la garde près de la rivière Yobe qui sépare le Nigeria du Niger, non loin de Damasak. (image d'illustration)
Un soldat nigérian monte la garde près de la rivière Yobe qui sépare le Nigeria du Niger, non loin de Damasak. (image d'illustration) © FLORIAN PLAUCHEUR / AFP

L’armée nigériane assure avoir repris le contrôle de la ville de Damasak, située dans l’État de Borno au nord-est, après une série d’attaques sanglantes, menées par Boko Haram. Au moins 18 personnes ont été tuées, selon les autorités. Les populations fuient la zone.

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Avec notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian

La ville, proche de la frontière du Niger, a été la cible d’assauts répétés, conduits par les membres de l’Iswap – la faction de Boko Haram affiliée à l’État islamique. Les humanitaires ont été pris pour cible et la population a pris la fuite en direction de Maiduguri ou vers Diffa, de l’autre côté de la frontière.

Des milliers de personnes vulnérables ont traversé la rivière Yobe qui sépare le Nigeria et le Niger ces derniers jours, pour tenter d’échapper aux attaques répétées de Boko Haram – selon les ONG. D’autres ont pris la route de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, où s’entassent déjà plus d’un million de personnes ayant fui la menace jihadiste.

Les 85 000 habitants de Damasak dépendaient largement de l’aide humanitaire. Mais les ONG ont dû quitter la ville dans la semaine qui vient de s’écouler, abandonnant derrière elles leurs locaux, qui ont été minutieusement mis à sac par les insurgés.

La première attaque menée contre cette ville limitrophe du lac Tchad a eu lieu samedi 10 avril et elle visait directement les locaux de l’ONU et d’autres ONG présentes sur place. Les assaillants ont également dévalisé un hôpital et volé une ambulance.

Ce vendredi 16 avril, un porte-parole du gouverneur de l’État de Borno a annoncé qu’au moins 18 personnes avaient perdu la vie ces derniers jours à Damasak.

Le directeur général d’Action contre la faim a estimé que « la dégradation de la situation sécuritaire vient d’atteindre un sommet » - et les ONG appellent le gouvernement nigérian à prendre ses responsabilités pour « protéger les civils » et leur donner accès à l’aide humanitaire.

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