Journée internationale des prisonniers politiques: le cas JMM Mokoko au Congo-Brazzaville

(archive) Congo-Brazzaville: l’ex-candidat à la présidentielle, le général Jean-Marie Michel Mokoko, à l’ouverture de son procès, le 7 mai 2018.
(archive) Congo-Brazzaville: l’ex-candidat à la présidentielle, le général Jean-Marie Michel Mokoko, à l’ouverture de son procès, le 7 mai 2018. RFI / Florence Morice

Ce samedi 17 avril, c'est la journée internationale des prisonniers politiques. A cette occasion, RFI se penche sur la cas Jean-Marie Michel Mokoko. Cet ex-candidat à la présidentielle au Congo Brazzaville purge une peine de vingt ans de prison pour «atteinte à la sûreté de l'État» depuis 2016.

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Arnaud Étienne, l'un de ses avocats, estime que les motifs de sa condamnation sont dus a une volonté du pouvoir, faisant de Mokoko un prisonnier politique. Ses explications au micro de Victor Mauriat du service Afrique de RFI. 

« Le cas de Jean-Marie Michel Mokoko est assez emblématique, puisqu’il est arrêté au moment de l’élection présidentielle de 2016, où il représente une véritable alternative et fait un peu trembler le pouvoir, et où, cela va être une longue litanie de violations de ses droits fondamentaux, qui vont aboutir à des condamnations internationales - notamment du groupe de travail contre les détentions arbitraires de l’ONU, et des mises en garde internationales - notamment auprès du FMI - qui ont été faites par ses conseils français et congolais.

Et malgré tout cela, malgré son état de santé, son âge et le fait qu’il soit aujourd’hui un homme de 75 ans qui a été affecté du coronavirus dans la maison centrale de Brazzaville, où il était détenu l’été dernier, le pouvoir politique ne voudra pas le libérer, les juges ne le libèreront pas. C’est ce que l’on constate.

C’est une question de principe du pouvoir, qui ne veut pas le libérer, parce qu’il a osé s’opposer. Toutes les voies de droit international ou internes qui sont toujours en cours, sont totalement inopérantes, face à la volonté du pouvoir. C’est la négation totale du droit ».

L'ancien général, candidat à la présidentielle de 2016, avait eu des problèmes de santé l'an dernier qui avaient nécessité une hospitalisation. Il avait alors été transféré en Turquie pendant un mois pour y recevoir des soins.

Ancien chef d'état-major de l'armée congolaise, Jean-Marie Michel Mokoko a été incarcéré en juin 2016, accusé d'avoir voulu évincer le président Sassou-Nguesso du pouvoir sur la foi d'une vidéo tournée en 2007 le montrant en train de discuter d'un plan visant à chasser le président en exercice. Avant de déclarer sa candidature à la présidentielle de 2016, le général Jean-Marie Michel Mokoko était représentant spécial de la Commission de l'Union africaine (UA)

► À lire aussi : dans l'affaire Mokoko: l'opposition congolaise dénonce des pressions du pouvoir

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