RDC : dans le territoire de Shabunda, la situation difficile des enfants issus des viols

Une écolère congolaise passe devant une école à Shabunda, dans le Sud--Kivu, en 2019. (image d'illustration)
Une écolère congolaise passe devant une école à Shabunda, dans le Sud--Kivu, en 2019. (image d'illustration) AFP - JOHN WESSELS

L’est de la République démocratique du Congo est confronté à un autre problème social; la présence des enfants issus des viols commis lors des différentes attaques des villages par des hommes en armes. RFI s’est rendu à Kigulube dans le vaste territoire de Shabunda au Sud-Kivu, où des milliers des femmes ont été victimes des viols commis par les rebelles rwandais des FDLR et d’autres groupes armés.

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Avec notre correspondant de retour de Kigulube, William Basimike

Agé de 13 ans, Fiston est en dernière année dans une école primaire de Kigulube. Cartable à la main en provenance de l’école, il a le souci de connaître son père. Il est né 9 mois après que sa mère a été violée par des rebelles rwandais des FDLR. C’est difficilement qu’il accepte de nous parler.

« Ce n’est pas facile de vivre sans connaître mon père, sans savoir si je suis congolais ou pas. Parfois les voisins se moquent de moi, ou la famille ne veut pas payer mes études, je ne sais pas comment me débrouiller maintenant, ça fait mal. »

Conséquence, des centaines de femmes et d'enfants sont obligés de se débrouiller dans les mines à ciel ouvert de Shabunda pour survivre.

En 2016, Julie, la vingtaine, a été violée par un groupe des combattants Mai-Mai: « Je ne savais pas que j’étais enceinte. Je l’ai su quand je suis revenue ici au village. J’ai jugé bon d'aller au bout de ma grossesse, même si ça a été difficile. Aujourd’hui, mon fils a quatre ans. Il sait qu’il n’a pas de père, c’est mon père qu’il appelle son papa car c’est lui qui prend soin de lui. Mais moi, chaque fois que je le vois, je me souviens de l’acte dont j’ai été victime. »

Si ces enfants ne sont pas encadrés, ils risquent d’être de vrais bombes à retardement, craint un acteur de la société civile de Kigulube.

Afin d’atténuer leur souffrance, la Mission de l’ONU en RDC, en collaboration avec l’Unesco, mènent un projet en collaboration avec des structures locales pour un encadrement psychosocial et juridique des mères de ces enfants.

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