Tchad : la CNDH interpelle le gouvernement sur le conflit intercommunautaire au Salamat

Cela fait plusieurs jours que des communautés s’affrontent dans des villages de la sous-préfecture de Mouraye à coup de flèches et de fusils, au Salamat. (image d'illustration)
Cela fait plusieurs jours que des communautés s’affrontent dans des villages de la sous-préfecture de Mouraye à coup de flèches et de fusils, au Salamat. (image d'illustration) © wikimedia commons/CC BY-SA 4.0/ Chrisrosenk

Une centaine de personnes ont été tués dans un conflit intercommunautaire à Mouraye au Salamat dans le sud-est du pays. Un conflit de plus selon la Commission nationale des droits de l’homme qui accuse le gouvernement de laxisme et appelle à des mesures énergiques pour faire face à ce qu’il qualifie de crime contre l’humanité.

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Avec notre correspondant à Ndjaména, Madjiasra Nako

Cela fait plusieurs jours que des communautés s’affrontent dans des villages de la sous-préfecture de Mouraye à coup de flèches et de fusils. Samedi en fin de matinée, le bilan était à plus de cent morts et pour le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Djidda Oumar, le gouvernement est en partie responsable.

« La CNDH incrimine directement le gouvernement parce qu’il y a toujours eu un manque répété d’anticipation par rapport à ce genre d’évènements devenus récurrents ces derniers temps. Parce qu’il s’est passé, c’est un crime contre l’humanité. Incendier des dizaines de villages, c’est vraiment grave. »

Il faut agir, prendre des mesures urgentes exhorte le défenseur des droits humains : « Nous demandons au gouvernement de restaurer rapidement l’état d’urgence dans toute la province du Salamat et de fermer la frontière provinciale afin d’éviter des renforts, procéder à l’arrestation des instigateurs et leurs complices et de les mettre sans délai à la disposition de la justice afin qu’ils soient jugés pour crimes contre l’humanité. »

Selon des observateurs, la fréquence des conflits entre éleveurs et agriculteurs est favorisée par l’absence de justice. On observe chez les populations une tendance à se regrouper en comités d’autodéfense pour assurer leur sécurité ajoutent les mêmes sources.

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