RDC: au Kasaï, la Monusco prépare son retrait pour le mois de juin

La route principal traversant Nganza, à Kananga la capitale du Kasaï-Central, le 19 octobre 2017.
La route principal traversant Nganza, à Kananga la capitale du Kasaï-Central, le 19 octobre 2017. AFP - JOHN WESSELS

Alors que des manifestations se sont multipliées dans l’est de la République démocratique du Congo pour protester contre les massacres et l’insécurité et pour demander le départ de la Monusco, dans les Kasaï, la mission des Nations unies pliera bagage en juin. Une délégation de l’ONU est arrivée ce lundi pour évaluer le respect de ce calendrier de retrait.

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Dans les Kasaï, la Monusco est déjà presque de l’histoire ancienne. Actuellement, il n’y a déjà plus de casques bleus, ne sont déployés que des policiers chargés d’assurer la sécurité des installations de l’ONU. Les bureaux se vident doucement. Une situation qui inquiète la société civile qui l’a fait savoir à la nouvelle patronne de la Monusco lors de son récent passage.

« Notre cas n’est pas à confondre avec toutes les autres provinces, ici la paix que nous avons est précaire, elle n’est pas durable, elle n’est pas encore installée sur l’ensemble du territoire provincial. Il ne se passe pas une nuit sans qu’on signale un cas d’insécurité. À ce stade, connaissant les faiblesses de ceux qui sont censés nous sécuriser, la police et notre armée, si nous disons oui au départ de la Monusco, cela veut dire que nous voulons que la situation empire parce que nous connaissons en quoi l’apport de la Monusco nous est utile. Elle a appuyé le gouvernement provincial en carburant, en motivation… La Monusco a même accompagné nos troupes pour des patrouilles mixtes », explique Jaudel Nkashama, secrétaire général de l’ONG Action citoyenne pour le développement intégral.

« Nous soutenons le départ de la Monusco »

Pour la Lucha qui a lancé une campagne au niveau national contre l'insécurité et pour le départ de la Monusco, le Kasaï-Central ne fait pas exception. La Monusco doit partir malgré le manque patent de moyens de la province et l’insécurité qui perdure. Il y a 15 viols par jour à Kananga et dans les environs, dont plus de la moitié sont le fait d’hommes en armes et souvent en uniforme.

Une situation intenable pour François Daniel Kabuka, militant de la Lucha à Kananga : « Il y a ces situations où nos institutions, même nos forces de l’ordre, ne parviennent pas à défendre réellement notre population locale. Donc c’est quand même une honte toutes ces années qu’on a passé avec la Monusco pouvait nous aider à avoir une armée responsable, avoir une police responsable, et malheureusement rien n’a évolué. Nous soutenons le départ de la Monusco et nous pensons qu’avec ce départ nous aurons des forces de l’ordre responsables. »

Pour ce militant, même si ce départ s’accompagne d’une peur concernant la situation sécuritaire au Kasaï, il espère qu’il permettra aux autorités d’assumer enfin leur rôle.

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