Le Soudan ne boycottera plus l'État d’Israël

Le Premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, ici à Berlin en février 2020.
Le Premier ministre du Soudan, Abdallah Hamdok, ici à Berlin en février 2020. REUTERS - HANNIBAL HANSCHKE

Le Conseil souverain et le Conseil des ministres ont ensemble abrogé une loi datant de 1958 qui interdisait aux Soudanais toute relation diplomatique et commerciale avec l’État hébreu. Une étape supplémentaire dans le rapprochement entre les deux pays.

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Avec notre correspondant à Nairobi, Sébastien Németh

Soixante-trois ans après, la loi sur le boycott disparaît. Ce texte interdisait les relations diplomatiques et commerciales, même indirectes, avec des individus ou entités appartenant à des Israéliens et même résidant en Israël. Même les produits étaient boycottés. Ceux qui tentaient de violer cette loi risquaient dix ans de prison et une lourde amende.

Désormais, les populations des deux pays pourront faire des affaires. Les Soudanais pourront également rendre visite à leurs quelque 6 000 compatriotes installés dans l’État hébreu. 

Les États-Unis, artisans du rapprochement, ont parlé d’une « étape supplémentaire avant une normalisation définitive des relations ». Ned Price, porte-parole du département d’État américain, salue une décision qui aura « un impact concret et immédiat sur la vie des populations, avec des échanges et des investissements ».

Après la chute de la dictature soudanaise, les contacts avaient repris début 2020. Les États-Unis exigeaient également que le Soudan normalise ses relations avec Israël, en échange d’une levée des lourdes sanctions imposées depuis des décennies, et finalement retirées en décembre.

Avec l’abrogation de cette loi, Khartoum espère revenir un peu plus dans le giron international et accéder à davantage de soutien politique et financier. Une aide critique alors que le pays subit une terrible crise économique

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