Les manifestations anti-Monusco se poursuivent dans les villes de l’est de la RDC

Beni, boulevard Niamwisi, après la manifestation contre la Monusco, le 21 avril 2021. Barricades, projectiles, circulation rendue difficile...
Beni, boulevard Niamwisi, après la manifestation contre la Monusco, le 21 avril 2021. Barricades, projectiles, circulation rendue difficile... © Patient Ligodi/RFI

En dépit de leur interdiction par le gouverneur du Nord-Kivu, ces mouvements de protestation, enclenchés depuis le 5 avril, ne faiblissent pas, particulièrement à Beni. Hier encore, les manifestants s’étaient réunis dans les rues de cette ville. Les manifestants dénoncent ce qu’ils appellent laxisme de la part de la force onusienne face aux tueries à répétition.

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Avec notre envoyé spécial à Beni, Patient Ligodi

Quartier Mabakanga, centre-ville de Beni. Les manifestants occupent le boulevard Nyamwisi. Ils chantent et appellent au départ des casques bleus. 

« Cela fait des années que la Monusco est ici dans le territoire de Beni. Mais elle n’arrive pas à mettre fin aux violences, elle n’arrive pas à arrêter les combattants ADF, pourtant nous voyons circuler les véhicules de la Monusco ici. »

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Mettre fin à la Monusco, mais quelle alternative ? Jean-Paul Muhindo Lusenge est membre de la Lucha, l’un des mouvements citoyens qui soutiennent ces manifestations. « L’État congolais doit prendre ses prérogatives en main. En conservant la Monusco, l’État congolais se comporte un comme bébé. Nous ne resterons pas éternellement des bébés. Et la Monusco a prouvé son inefficacité, en mettant les FARDC devant le fait accompli son action sera plus visible sur le terrain », dit-il.

Comme les fois précédentes la manifestation de mardi a été de courte durée. La police intervient. Des gaz lacrymogènes sont tirés et les manifestants se dispersent. Ils se disent déterminés et promettent de revenir le lendemain.

« Donner du travail... »

De leur côté, les autorités estiment que ces jeunes sont instrumentalisés. Certains redoutent même que les manifestants soient infiltrés par des hommes armés.

Nyembo wa Nyembo Richard est l’administrateur du territoire de Lubero: « Nous estimons que ça peut être la même équipe qui a opéré à Butembo et qui se serait déplacée dans le Lubero, mais nous travaillons pour stabiliser la situation ».

Pour mettre fin au phénomène des groupes armés dans la région, Nyembo wa Nyembo Richard propose une solution.« Ce sont des jeunes que nous connaissons. Nous vivons avec eux. Le grand problème ici, c’est l’encadrement. Dans le Lubero, il faut par exemple une voie de cantonnage manuel, donner du travail en terme d’entretien des routes. Les chefs des groupes armés vont se retrouver seuls ».

Mais pour l’heure, la nouvelle stratégie de DDR annoncée par le Chef de l’État peine toujours à se mettre en œuvre.

En attendant l’accalmie, les écoles restent fermées et la plupart de commerces aussi.

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