Tchad: l'opposant Saleh Kebzabo appelle à «l'union sacrée» après la mort d'Idriss Déby

L'opposant tchadien historique Saleh Kebzabo.
L'opposant tchadien historique Saleh Kebzabo. © Marco Longari/AFP

Saleh Kebzabo fut ministre sous la présidence d’Idriss Déby à la fin des années 1990 avant de devenir un de ses principaux opposants pendant ces deux dernières décennies. Il avait choisi de boycotter la présidentielle du 11 avril qu'il qualifiait de « fumisterie électorale ». Il est l'invité de RFI.

Publicité

RFI : Votre première réaction après l’annonce du décès du président Tchadien Idriss Déby ?

Saleh Kebzabo : Par la voix des ondes, j’ai appris cette triste nouvelle, j’en ai été ému et je pense immédiatement à sa famille et à ses proches à qui je rends hommage, à qui je présente mes condoléances les plus émues face à cette perte énorme pour sa famille et pour le pays.

Vous avez été l’opposant de Idriss Déby pendant deux décennies, auparavant vous aviez participé à son gouvernement, quels souvenirs garderez-vous de l’homme politique qu’il était ?

Je pense qu’à l’heure actuelle, le plus important c’est l’avenir. Nous nous sommes opposés comme vous le savez, de façon souvent frontale jusqu’à sa mort, donc maintenant c’est l’héritage qu’il laisse et c’est ce qui va se passer dans l’avenir qui est important pour le Tchad. Il vous souviendra que la semaine dernière nous avons, avec un certain nombre de personnalités politiques et sociales, rendu publiques un communiqué dans lequel nous exigions en quelque sorte la tenue d’un dialogue national inclusif avec toutes les forces socio-politiques du pays. C'est le moment de le rappeler, et de réitérer que l’heure est grave. Les Tchadiens doivent garder leur calme, doivent se ressaisir et revenir à un esprit d’unité, un esprit de paix, un esprit de sérénité, pour que nous envisagions l’avenir dans un délai rapide avec tous les mécanismes constitutionnels qui existent et c’est pour cela que je pense qu’il faille que ceux qui ont pris le pouvoir aujourd’hui se réfèrent un peu à l’histoire du pays et aux réalités du pays pour faire en sorte qu’on ne soit pas en marge de la société internationale, qu’on vive dans un continent et dans un monde où les critères sont respectés, où les standards internationaux sont respectés. En d’autres termes, il est urgent qu’on convoque cette union sacrée que nous appelons de tous nos vœux pour que ce dialogue se tienne le plus rapidement possible afin de lancer la voie à un Tchad nouveau que tout le monde appelle de ses vœux.

Selon vous, il ne faut pas que le conseil militaire annoncé reste en place 18 mois ?

Je pense comme je l’ai dit qu’il faut respecter les standards internationaux et respecter la constitution du Tchad et tout cela doit se faire dans l’urgence. La constitution prévoit que c’est le président de l’Assemblée nationale qui préside au destin du pays en cas de vacance et qu’il organise des élections dans un délai de 90 jours je crois, et comme nous sortons d’élections, je crois que le dispositif en place, peut-être, peut nous permettre d’aller à de nouvelles élections mais en tout état de cause, il est absolument nécessaire et indispensable que le dialogue national se tienne.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail