Un nouveau front en Éthiopie entre Amharas et Oromos

Une personne portant un masque décoré du drapeau de l'Oromo Liberation Front (OLF) en 2020 (image d'illustration).
Une personne portant un masque décoré du drapeau de l'Oromo Liberation Front (OLF) en 2020 (image d'illustration). © JOHN MACDOUGALL/AFP

Un nouveau foyer de violences en Éthiopie, déjà déstabilisée par la guerre dans le Tigré et des affrontements intercommunautaires dans plusieurs provinces. Cette fois, ce sont des membres des deux peuples les plus nombreux de la fédération éthiopienne qui s'affrontent de plus en plus violemment : les Amharas et les Oromos. Depuis plusieurs mois, une guérilla oromo mène des attaques meurtrières, notamment contre des Amharas.

Publicité

Malgré l'état d'urgence déclaré dimanche 18 avril dans le sud de la région, des manifestations nationalistes amharas ont eu lieu ce mardi 20 avril, faisant monter un peu plus la tension. Un peu partout dans l'Amhara, ils étaient des milliers à marcher sous le drapeau aux trois couleurs de l'ancienne Éthiopie. Le poing levé, les manifestants dénonçaient ce qu'ils appellent le « génocide » des Amharas.

Depuis quelques semaines, les affrontements avec les Oromos se multiplient, là où les deux peuples se côtoient. Dans la ville d'Ataye, vendredi 16 avril, les forces de sécurité amharas ont abattu un commerçant oromo de la « zone spéciale », un district de l'Amhara ou vivent une majorité d'Oromos, après quoi des expéditions punitives d'habitants ont tué 18 personnes. Le mois dernier, c'étaient des dizaines de paysans oromos de la « zone spéciale » qui avaient été tués, parfois au cours d'épisodes de lynchage.

Abiy Ahmed accusé par certains nationalistes amharas de favoriser les attaques

Les autorités régionales et le gouvernement fédéral disent mener des opérations contre un mouvement de guérilla oromo. Mais les plus nationalistes dans la classe politique amhara accusent le Premier ministre Abiy Ahmed, lui-même d'origine oromo et s'appuyant sur des cadres oromos, de favoriser ces attaques. Les nationalistes oromos, en revanche, accusent les Amharas, désormais appuyés par l'armée érythréenne, selon eux, de chercher à prendre le pouvoir par la force et à réduire par la violence l'influence des Oromos sur la fédération.

► À lire aussi : En Éthiopie, les tensions entre Amhara et Oromo ont fait 300 morts durant le mois de mars

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail