Affaire Chebeya en RDC: la justice militaire lance un avis de recherche contre le général Numbi

Un homme avec un t-shirt avec les portraits de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana attend, en avril 2013, le procès d'un des principaux accusés dans l'affaire.
Un homme avec un t-shirt avec les portraits de Floribert Chebeya et Fidèle Bazana attend, en avril 2013, le procès d'un des principaux accusés dans l'affaire. AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

L'ancien patron de la police est soupçonné d’être l'un des commanditaires de l'assassinat des deux militants des droits de l'homme Floribert Chebeya et Fidèle Bazana. Après les révélations de RFI, l'affaire a été relancée le mois dernier. Depuis, John Numbi n'a jamais répondu aux convocations de la justice, il est même introuvable.

Publicité

Avec notre envoyée spéciale à Kinshasa, Sonia Rolley

Le général John Numbi n’est plus chez lui, explique une source judiciaire. Trois convocations lui avaient été envoyées, elles sont toutes restées lettre morte, précise-t-elle encore. D’où cet avis de recherche assorti d’un mandat d’amener. Tous les services de sécurité seraient mobilisés pour retrouver l’ex-chef de la police. Mais une ONG, l’Acaj, le donnait déjà il y a quelques semaines en fuite à l’étranger, peut-être au Zimbabwe.

Pour les parties civiles et leur avocat Me Peter Ngomo, l’avis de recherche et le mandat d’amener sont une bonne nouvelle, c’est une première reconnaissance de l’implication du général. Mais c'est aussi la suite logique de la procédure.

Je pense que c’est dans l’ordre normal des choses. Après des invitations puisque monsieur n’a pas répondu, on est allé à son domicile, il n’y était pas. Donc la seule possibilité qu’il restait, c’était l’avis de recherche, et là tous les services de l’État sont mobilisés pour le rechercher.

Me Peter Ngomo, avocat des parties civiles

Mais certaines estiment que ces actes arrivent trop tard, que la justice a délibérément fait traîner la procédure en longueur pour lui laisser le temps de fuir.

Du côté du parquet militaire, on assure pourtant ne pas avoir chômé depuis les révélations de RFI début février. Un proche du général Numbi, Jacques Migabo, avait été arrêté. Il était lui aussi impliqué dans l’assassinat, et même condamné par la justice militaire congolaise. Selon une source judiciaire, il est passé aux aveux, ce qui a permis de lancer les opérations de recherche du corps de Fidèle Bazana qui n’avait jamais été retrouvé. Plusieurs requêtes ont été faites, notamment auprès de la police nationale, mais aussi pour pouvoir faire rentrer les témoins qui se trouvent à l’étranger, jusqu’ici en vain.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail