Face à la CIJ, l'Ouganda répond aux réclamations de la RDC

Vue de la Cour internationale de Justice (CIJ) à la Haye, le 27 août 2018.
Vue de la Cour internationale de Justice (CIJ) à la Haye, le 27 août 2018. REUTERS/Piroschka van de Wouw

Les réparations de guerre sont au cœur des débats en cours depuis mardi à la Cour internationale de justice. En 2005, cette cour de l’ONU avait déclaré l’Ouganda coupable d’ingérence dans les affaires de la République démocratique du Congo et ordonné des réparations pour les dommages causés lors de l’occupation par l’armée ougandaise de l’Ituri notamment, entre 1998 et 2003. Kinshasa réclame plus de 13 milliards de dollars à Kampala.

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Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

Pour l’Ouganda, les prétentions congolaises sont « infondées », « disproportionnées » et « ruineuses ». Kampala affirme que la République démocratique du Congo n’a pas apporté les preuves des pertes de guerre.

L’État ougandais refuse aussi de payer pour l’intégralité des dommages causés entre 1998 et 2003, estimant la responsabilité largement partagée, comme l’a expliqué à la cour l’avocat général, William Byaruhanga : « En fait, il y avait plusieurs conflits impliquant les armées d’au moins neuf États – l’Angola, le Burundi, le Tchad, la RDC, la Libye, la Namibie, le Rwanda, le Soudan et le Zimbabwe – et au moins 21 groupes armés irréguliers en place au même moment. »

Si les juges de la CIJ devaient retenir le montant réclamé par la RDC, l’Ouganda serait quasiment ruiné, a plaidé l’avocat général. « Ordonner à l’Ouganda de payer les quelque 13,5 milliards de dollars que la RDC réclame signifierait que près du double des dépenses publiques annuelles consolidées de l’Ouganda devrait être transféré à la RDC. Le coût pour le peuple ougandais serait énorme. Et cela compromettrait aussi le programme que conduit l’Ouganda pour promouvoir la paix et la stabilité dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. »

Les audiences se poursuivent à La Haye. Quatre experts désignés par les juges se présenteront à la barre de la Cour vendredi 23 et lundi 26 avril. 

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