RDC: le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde présente son programme devant l'Assemblée

Le Palais du Peuple, bâtiment du Parlement congolais (RDC).
Le Palais du Peuple, bâtiment du Parlement congolais (RDC). RFI/Sonia Rolley

En République démocratique du Congo (RDC), le premier gouvernement de l’Union sacrée a été investi, ce lundi 26 avril. 410 députés ont voté pour sur les 412 députés présents. Cette coalition gouvernementale est la plus large qu’ait connu le pays. Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde avait présenté un programme d’actions de trois ans. Coût estimé : 36 milliards de dollars.

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Avec notre envoyée spéciale à Kinshasa, Sonia Rolley

Lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Jean-Michel Sama était également attendu sur la sécurité qui est devenue, ces derniers temps, un vrai sujet politique.

Face à l’insécurité dans l’Est de la RDC, Jean-Michel Sama Lukonde a demandé une minute de silence et il a assuré que son gouvernement ferait, de la fin des massacres dans l’Est, une priorité. Parmi les mesures phares, il y a l’idée de décréter l’état d’urgence sur certaines portions du pays et de laisser des autorités militaires remplacer des autorités civiles.

Il a aussi dit avoir entendu la colère de ces populations de l’Est par rapport à la Monusco. Il a promis que son gouvernement ferait une évaluation de son action avec le Conseil de sécurité de l’ONU et il a rappelé que le processus de retrait était enclenché.

La sécurité, c’est donc l’un des volets de ce programme qui doit amener la RDC jusqu’aux élections de 2023. Selon le Premier ministre Sama Lukonde, il faudra 12 milliards de dollars chaque année pour le mettre en œuvre. À titre de comparaison, le budget jusqu’ici prévu était de moins de 7 milliards, avec une mobilisation des recettes qui ne dépasse que rarement les cinq milliards.

Le chef du gouvernement de l’Union sacrée l’a promis, il y aura un collectif budgétaire qui permettra de préciser le détail de ses actions. Mais il a beaucoup promis, on l’a dit. Il a promis de donner des moyens à l’armée pour combattre dans l’Est du pays, mais aussi à la justice et notamment aux magistrats pour qu’ils puissent rendre des décisions partout dans le pays et aux agents de l’État pour améliorer leurs conditions de vie.

Jean-Michel Sama Lukonde a également promis que des fonds seraient provisionnés, chaque année, pour payer les élections de 2023. Il a aussi défendu la nécessité d’organiser un recensement de la population et de fournir des cartes d’identité à tous.

Et pour réaliser toutes ces promesses d’ici à 2023, le Premier ministre assure qu’il ne manquerait, à la RDC, que 14 milliards dollars. Il a dit compter à la fois sur la mobilisation interne des recettes et sur l’assistance des partenaires du Congo, dont le Fonds monétaire international.

Réserves et critiques

Malgré l’investiture à la quasi-unanimité, ce programme et ce budget ont suscité des réserves et critiques à la tribune comme dans les couloirs du Palais du peuple. Sont-ils irréalistes ? Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde avait pris les devants et y avait répondu dans son allocution.

La tâche de votre gouvernement dont j’ai eu l’honnerur de présenter le programme n’est pas de refaire le monde mais plutôt de mettre en place une gouvernance efficace.

Jean-Michel Sama Lukonde, Premier ministre de RDC

Pour Ados Ndombasi, un député proche de l’opposant Martin Fayulu, ce programme n’est pas réaliste. « Il n'y a aucun chiffre, pas de chronogramme, pas de calendrier... Donc il sera difficile pour nous les députés nationaux de suivre ce programme d'action que nous considérons comme un chapelet de bonne intentions », explique-t-il.

Pour Delly Sessanga, député de l’Union sacrée, proche de l’ancien gouverneur Moise Katumbi, c’est un programme impossible à financer. Il faut recentrer ses actions. « On a commencé au début de cette législature avec un budget de 10 milliards, on n'a pas pu le faire, on a fait 6 milliards et ensuite on a mobilisé 4 milliards, détaille-t-il. Aujourd'hui, passer de 4 milliards à 12 milliards de moyenne annuelle, je pense que c'est surréaliste ».

Ces critiques sur la faisabilité du programme n’ont pas empêché les députés d’investir à la quasi-unanimité les membres de ce premier gouvernement de l’Union sacrée.

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