Tchad: réaction mitigée de la classe politique à la nomination d'Albert Pahimi

Le Premier ministre de transition tchadien Albert Pahimi Padacké à Ndjamena le 26 avril 2021.
Le Premier ministre de transition tchadien Albert Pahimi Padacké à Ndjamena le 26 avril 2021. AFP - ISSOUF SANOGO

La transition tchadienne a donc choisi son Premier ministre. Le chef du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby a nommé Albert Pahimi Padacké à cette fonction. Un poste qu’il connaît bien, puisqu’il en a été le dernier occupant, de 2016 à 2018, avant qu’une réforme constitutionnelle ne supprime ce poste.

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Avec nos envoyés spéciaux à Ndjamena, François Mazet et Boris Vichith 

Dans les rangs de la majorité, on dit « prendre acte » du choix du chef du Conseil militaire de transition. Si Albert Pahimi Padacké n’est pas membre du parti présidentiel, le MPS, il a été un pilier de la majorité et des différents gouvernements durant les trente dernières années.

Il fallait une personnalité qui connaisse les dossiers et la scène politique et institutionnelle, estime Jean-Bernard Padaré, le porte-parole du MPS.

« Cela nous paraît raisonnable et être un bon choix dans la mesure où c'est quelqu’un qui connaît un peu les arcanes de la classe politique tchadienne. Je pense que c'est quelqu'un qui pourra, par rapport à son tempérament, être amené à appeler les uns et autres à travailler ensemble dans un gouvernement de transition », explique-t-il.

Le profil d’Albert Pahimi Padacké, qui a passé près de trente ans dans les arcanes du pouvoir avant de devenir un opposant modéré, pourrait permettre de discuter avec les opposants. Saleh Kebzabo, le leader de l’UNDR, a ainsi déclaré à l’AFP qu’il fallait « accompagner » M.Pahimi, et il lui a souhaité « beaucoup de réussite ».

Des manifestations annoncées pour ce mardi

Un avis que ne partage pas Succès Masra, du parti Les Transformateurs. « Le recyclage ne peut pas nous permettre d'aller de l'avant. L'espèce de mutation de l'ancien système pour continuer ne peut pas nous permettre d'aller de l'avant, analyse-t-il. Je crois qu'il faut sortir de la boîte, être capable de se poser les vraies questions sur "pourquoi nous en sommes arrivés à ça" et "comment on sort de cela définitivement" ».

► À lire aussi : Albert Pahimi: «J’accepte d’être Premier ministre du Tchad, car l’heure est à l’union sacrée»

La coalition d’opposants et de la société civile Wakit Tamma, à laquelle il appartient, appelle à manifester ce mardi 27 avril au matin à Ndjamena pour exiger la démission du CMT.

Une autre plateforme a été créée, le FOSCIT, pour Forum des organisation de la société civile du Tchad. Ce mouvement, qui ne rassemble que des jeunes, dénonce « un coup d'Etat », réclame le retour à un régime civil et de nouvelles têtes politiques. On écoute Mahamat Zene Cherif et Rays'kim, tous deux membres de ce forum, au micro de notre correspondante.

Nous disons que c'est un moment historique et qu'il faut que la voix de la jeunesse soit prise en compte.

La jeunesse tchadienne veut faire entendre sa voix pendant cette période de transition

Enfin du côté de l’URD de Félix Nialbé Romadoumngar, chef de file officiel de l’opposition à l’Assemblée dissoute, on doit s’exprimer ce mardi, mais le profil du Premier ministre semble s’accorder avec celui de ce parti. 

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