Attaque jihadiste au Mozambique: interrogations autour d’une intervention militaire de la SADC

Des milliers de personnes ont fui la ville de Palma après l'attaque des jihadistes fin mars. Beaucoup ont trouvé refuge dans le ville de Pemba, dans la province de Cabo Delgado.
Des milliers de personnes ont fui la ville de Palma après l'attaque des jihadistes fin mars. Beaucoup ont trouvé refuge dans le ville de Pemba, dans la province de Cabo Delgado. AFP - ALFREDO ZUNIGA

Déployer immédiatement 3 000 soldats dans le nord du Mozambique pour lutter contre les terroristes, c’est l’une des pistes évoquées par un rapport qui a fuité et qui devrait être discuté lors d'un sommet extraordinaire de la SADC, la Communauté de développement d'Afrique australe, prévu les 28 et 29 avril. Une réponse militaire régionale après l'assaut des jihadistes sur la ville de Palma fin mars dans la province du Cabo Delgado. Depuis, la situation sécuritaire ne s'est pas améliorée forçant le groupe Total à annoncer le retrait de tout son personnel du site gazier d'Afungi lundi. La mission d'observation qui propose ce déploiement militaire redoute un regain des attaques après le mois de ramadan  

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Romain Chanson

Ils veulent aller vite et se déployer partout. Les experts militaires de la région proposent un contrôle des airs avec l'aide de plusieurs hélicoptères de combat, une surveillance de l'espace maritime avec des navires et un sous-marin et une présence au sol avec une centaine de forces spéciales sur le front. 

Au total, près de 3 000 soldats seraient mobilisés. Leur plan s'articule ainsi : établissement du quartier général, très au Sud, dans la ville portuaire de Nacala. Puis progression vers le nord et les zones de combat pour regagner du terrain. 

Objectif : reprendre la ville portuaire de Mocimboa a Praia occupée depuis août 2020. Ces recommandations sont issues d'une mission d'évaluation commandée lors du dernier sommet de la SADC début avril. 

La décision reviendra aux présidents d'Afrique du Sud, du Botswana, du Zimbabwe. Sans oublier, le premier concerné, le président du Mozambique. Par le passé Filipe Nyusi avait refusé l'intervention de soldats étrangers sur son sol. Une question de souveraineté nationale, disait-il.

Le sommet extraordinaire de la SADC s'ouvre ce mercredi 28 avril à Maputo par une réunion du comité ministériel chargé des questions de défense et de sécurité. Suivi jeudi par la réunion des chefs d’État ou leurs représentants du Mozambique, Zimbabwe, Botswana et d'Afrique du Sud. 

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