Burkina Faso: les corps des 3 Occidentaux tués dans une attaque transférés à Ouagadougou

Un soldat burkinabè monte la garde devant un bâtiment, le 2 novembre 2014, à Ouagadougou. (Image d'illustration)
Un soldat burkinabè monte la garde devant un bâtiment, le 2 novembre 2014, à Ouagadougou. (Image d'illustration) REUTERS/Joe Penney

Au Burkina Faso, les corps des trois Occidentaux abattus par des hommes armés dans la région de l’Est ont été transférés, mardi 27 avril, à Ouagadougou. Les deux journalistes espagnols et le militant écologiste irlandais avaient été enlevés lors de l’attaque de leur convoi la veille.

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« La pire des nouvelles se confirme, a twitté Pedro Sanchez, mardi après-midi. Toute notre affection à la famille et aux proches de David Beriain et Roberto Fraile, assassinés au Burkina Faso. Et notre reconnaissance, a poursuivi le Premier ministre espagnol, à ceux qui, comme eux, pratiquent au quotidien un journalisme courageux et essentiel depuis les zones de conflit. » Un peu plus tôt, c’est la ministre des Affaires étrangères qui avait, au cours d'une conférence de presse à Madrid, confirmé que les deux journalistes espagnols et l’humanitaire irlandais avaient été « exécutés » lors de l'attaque de leur convoi, près de Pama.

Une attaque qualifiée de « terroriste » un peu plus tard dans la soirée par un officiel burkinabè. Enfin, dernière confirmation dans la nuit, dans un post publié sur Facebook, l'ONG Chengeta Wild a évoqué la mort de son PDG, Rory Young, le troisième homme, décrit au départ comme journaliste, mais qui est un défenseur de l’environnement. Les dépouilles des trois Occidentaux ont été transférées dans la soirée à Ouagadougou. Enlevé au même moment que les trois expatriés européens, le Burkinabè a été retrouvé. Selon notre source, il s’était réfugié dans la forêt et a pu rejoindre les rescapés.

L’équipe réalisait un documentaire sur le braconnage quand leur convoi a été attaqué. Selon nos informations, la mission semblait leur avoir été fortement déconseillée. Malgré les nombreuses opérations de sécurisation dans cette zone, il y a toujours des menaces.

Cette exécution a provoqué des réactions au-delà de l’Espagne et de l’Irlande. « En assassinant des journalistes au Burkina Faso, les terroristes ont montré, une fois de plus, leur lâcheté et leur vrai visage criminel : celui de défenseurs d'un obscurantisme qui annihile toute liberté d'expression », a par exemple réagi sur Twitter le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell.

Beaucoup de questions, notamment sur la présence de ces Occidentaux dans une zone réputée dangereuse

Selon une source sécuritaire, les trois Occidentaux étaient rattachés à une équipe de formation, qui depuis septembre 2020, forme une brigade de lutte contre le braconnage. La formation était conduite par l’Irlandais et le patron d’une ONG spécialisée dans la formation des unités de protection de l’environnement.

Les deux journalistes étaient venus filmer le travail de l’équipe de formation. Les trois hommes travaillaient pour le compte du Burkina Faso, avec l’appui de partenaires européens.

L’unité formée était composée de militaires et de gardes forestiers. Son objectif : lutter contre le braconnage et le trafic illégal d’espèces sauvages. La mission dans la forêt de Pama était une sorte d’exercice pratique avec les stagiaires.

Cette brigade mixte y était allée, selon nos sources, sans escorte des forces de défense et de sécurité. Leur sécurité était assurée par leurs propres hommes, soutient une autre source. La zone avait été déconseillée, car étant sensible, selon un autre interlocuteur.

Au cours de l’attaque, seulement les trois Occidentaux avaient été enlevés, tout leur matériel et leur armement ont été récupérés par les assaillants.

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