Exactions russes en Centrafrique: le gouvernement réagit à l'enquête de RFI

Des membres russes de la garde rapprochée du président de la RCA, Faustin-Archange Touadéra, à Berengo (Centrafrique), en août 2018.
Des membres russes de la garde rapprochée du président de la RCA, Faustin-Archange Touadéra, à Berengo (Centrafrique), en août 2018. FLORENT VERGNES / AFP

Après les révélations de RFI sur les méthodes brutales des « instructeurs » russes qui combattent aux côtés de l’armée centrafricaine et des violations des droits de l'homme qui lui sont attribuées, le gouvernement centrafricain a réagi par la voix de son porte-parole et demande la mise en place d'une commission d'enquête. 

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Les autorités centrafricaines ont vivement réagi à la publication ce lundi d’une enquête inédite menée par RFI dans le pays. Cette enquête concerne les exactions présumées commises par des mercenaires russes contre les civils. Le 31 mars déjà , le groupe de travail des Nations unies sur l’utilisation des mercenaires s'alarmait des graves violations des droits de l’homme imputées à ces hommes armés. 

Le porte-parole du gouvernement centrafricain Ange Maxime Kazagui se dit surpris par la méthode utilisée et met en cause le bien fondé de ces accusations. « Nous nous étonnons de cette convergence et nous pensons qu'il s'agit d'actions organisées contre notre pays avec un objectif très clair, c'est tout simplement de faire en sorte d'arrêter la progression de nos Faca et de nos alliés dans la libération de notre pays. On ne peut pas essayer de nous amener à pas forcés vers l'accusation de nos forces et de nos alliés sans qu'une vraie enquête n'ait été faite », a déclaré Ange Maxime Kazagui.

Le gouvernement centrafricain a donc décidé de mettre en place une commission d'enquête pour faire la lumière sur cette affaire. Quant à la Russie, elle vient de réagir très vivement elle aussi par la voix de son ambassade à Bangui. Elle évoque « de fausses nouvelles » qui « servent les intérêts des malfaiteurs qui complotent pour renverser le gouvernement ». Le communiqué met aussi en cause l'authenticité des témoignages recueillis.

L'ambassade de Russie dénonce de « fausses nouvelles »

Dans un communiqué l'ambassade de Russie à Bangui a, elle aussi, réagi à l'enquête publiée par RFI en dénonçant de « fausses nouvelles ». « Nous constatons avec regret qu'en publiant cet article un média renommé s'aligne avec des fabricants de fausses nouvelles qui servent les intérêts des malfaiteurs qui complotent pour renverser le gouvernement légitime », peut-on notamment lire dans ce texte dont vous pouvez retrouver l'intégralité ci-dessous.

► Retrouvez l'enquête de RFI : En Centrafrique, des victimes des exactions russes brisent la loi du silence


RFI a soumis, le 19 avril avant publication, le fruit de ses investigations au porte-parole de la présidence Albert Yaloké Mokpeme ainsi qu’au porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui. Ils n’ont pas répondu à nos sollicitations. Dans une conférence de presse donnée le 5 mars 2021, le ministre porte-parole du gouvernement déclarait : « Personne ne peut penser que sous lui [le président de la République], son gouvernement, puisse accepter que des violations soient faites et qu’elles soient soit couvertes, soit qu’elles ne soient pas pointées, suivies, pour être poursuivies pénalement. » Et de rajouter : « nous voyons bien la manœuvre, elle consiste à dire ”attention les Faca et leurs alliés, tuent les Centrafricains, ce qui est faux. […] Nous voyons ce jeu-là, qui veut attacher les mains de nos Faca dans le dos afin que cette reconquête s’arrête. »

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