Sénégal : l'opposition rejette les conclusions de l'audit du fichier électoral

Pour l'opposition sénégalaise, le fichier électoral « ne permet pas d’organiser des élections équitables », et ne « reflète pas la démographie du pays ». (image d'illustration)
Pour l'opposition sénégalaise, le fichier électoral « ne permet pas d’organiser des élections équitables », et ne « reflète pas la démographie du pays ». (image d'illustration) Guillaume Thibault/RFI

Les experts ont rendu leurs conclusions après un audit du fichier électoral, celui qui avait servi de base à la présidentielle de février 2019. C’est une des étapes préalables à l’organisation des futurs scrutins, notamment les élections locales prévues au plus tard fin janvier 2022. Selon le rapport de 124 pages de la mission d’audit, le fichier est déclaré « cohérent et fiable ». Il propose des pistes d’amélioration. Mais l’opposition n’y croit pas.

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Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

Pas de doublon, aucun mineur, sur plus de 6 millions 683 000 électeurs. Après trois mois de travaux, les quatre experts internationaux ne relèvent que quelques « anomalies ».

Mais la mission d’audit formule une trentaine de recommandations. Concernant les personnes condamnées puis ayant bénéficié d’une grâce présidentielle –c’est le cas des opposants Karim Wade et Khalifa Sall-, elle recommande de leur permettre de recouvrer leurs droits civiques.

Les experts notent également « l’inexistence de dispositions sur le financement public des partis politiques », ou encore « la méfiance des acteurs sur les organes de gestion des élections, à cause de leur lien hiérarchique avec le ministère de l’Intérieur ». Ils proposent aussi d’« améliorer » la procédure de parrainages, qui divise la classe politique.

Cet audit était une demande de l’opposition, réunie au sein du Front de résistance nationale. Mais elle a rejeté mercredi 5 mai les conclusions des experts. Pour elle, ce fichier « ne permet pas d’organiser des élections équitables », et ne « reflète pas la démographie du pays ». Dans leur rapport, les experts soulignent que seule la moitié (53,8%) des jeunes de 18-25 ans sont inscrits.

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