Somalie : le Premier ministre, nouvel homme fort dans la crise politique

Le Premier ministre somalien Mohamed Hussein Roble, le 23 septembre 2020.
Le Premier ministre somalien Mohamed Hussein Roble, le 23 septembre 2020. AFP - STRINGER

Le Premier ministre a conclu un accord mercredi 5 mai permettant de faire baisser le niveau de tension dans la capitale Mogadiscio entre la présidence et l'opposition. Les troupes mutinées qui avaient pris des positions dans la ville pour soutenir les adversaires du président sortant doivent rejoindre leurs casernes dans les 48 heures. Alors que Farmajo est isolé, son chef du gouvernement affirme ainsi son rôle pivot dans la période de transition qui vient de s'ouvrir.

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En contrepartie de leur retour dans leurs casernes d'ici vendredi soir, aucune sanction n’est prononcée contre les soldats mutins. Le gouvernement prend aussi l'engagement d'assurer la sécurité des figures de l'opposition, que les mutins disaient vouloir protéger. Une réforme de l'armée doit être également lancée. Un décret du Premier ministre va aussi interdire aux officiers d'engager leurs soldats dans les luttes politiques.

Telles sont les grandes lignes de l'accord en 10 points obtenu mercredi soir par le Premier ministre Mohamed Hussein Roble et salué par l'opposition.

« Je salue tous les efforts déployés pour démilitariser Mogadiscio et voir une fin amiable du conflit. C'est un bon pas vers la paix et la stabilité. Nous devons tous œuvrer pour atteindre cet objectif. Cela nous rapprocherait de notre objectif majeur de mener des élections pacifiques, libres et équitables », a écrit le Premier ministre sur son compte Twitter.

Ce nouveau venu en politique a donc franchi avec succès la première étape du mandat qui lui a été confié le 1er mai, après des incidents meurtriers à Mogadiscio. C'est en effet à cet ingénieur de 57 ans, perçu comme indépendant du président et respecté par la communauté internationale, qu'incombe désormais la tâche d'organiser des élections, sur la base de l'accord-cadre signé en septembre dernier.

C'est le retour à la case départ, donc. Car la situation est la même aujourd'hui qu'avant le 8 février, date d'expiration du mandat du président sortant. Faute d'un accord avec l'opposition, ce dernier avait fait prolonger son mandat, plongeant le pays dans une grave crise politique puisque l'opposition, avec l'appui de certains militaires, ne reconnaissait plus sa légitimité.

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