Cameroun : l’enquête d’une ONG met en lumière les trafics de faux test PCR

Des tests PCR pour le Covid-19(image d'illustration)
Des tests PCR pour le Covid-19(image d'illustration) AP Photo/Channi Anand

Pendant 3 mois, à l‘aéroport international de Douala, capitale économique du Cameroun, les équipes du site Data Cameroun, éditée par l’ONG Adisi Cameroun ont infiltré des réseaux de trafiquants de ces faux tests PCR nécessaires aux voyages internationaux. Elles ont pu montrer que la pratique est courante et que ce trafic existe à toutes les étapes du processus : du prélèvement au centre de dépistage jusqu’à l’embarquement. Avec évidemment le risque que des voyageurs contagieux transmettent le virus.

Publicité

En fonction de son profil et de sa destination, il faut débourser entre 10 000 et 200 000 francs CFA soit entre 15 et 300 euros pour un faux test PCR pour embarquer à l’aéroport de Douala, et ainsi passer à travers les mailles du filet sanitaire, d’après l’enquête chapeautée par Adisi Cameroun.

Paul Joël Kamtchang, secrétaire exécutif de l’ONG, rappelle que les tests sont censés être gratuits dans le pays. Pourtant il est parfois difficile d’obtenir le fameux sésame.

« Il y avait plusieurs plaintes de voyageurs dont beaucoup d’entre eux avaient raté leur vol du fait qu’ils n’avaient pas reçu leurs résulltats ou alors du fait qu’ils n’avaient pas pu faire leur test. Et puis on s‘est rendu compte qu’il y avait en réalité des réseaux parallèles qui se développaient et qui permettaient à ces voyageurs de faire des faux tests pour facilement voyager. »

Sur 40 voyageurs interrogés, la moitié affirment avoir eu recours à ces faux tests diagnostiques du Covid-19. Un trafic très répandu selon Paul Joël Kamtchang. « Aussi bien dans les centres agrées pour tests PCR qu’au niveau des aéroports où on a l’ensemble des agents de l’Etat, dont la douane, la gendarmerie, la police, et que à chaque niveau, chacun avait essayé de monter ce réseau pour extorquer. »

Les tentatives de régulation de ces trafics sont facilement contournées selon l’enquête Mais les autorités se disent résolue à éradiquer le problème et travaillent encore à trouver une solution.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail