Experts de l'ONU tués en RDC: l'approche de la fin du procès inquiète les chancelleries

Zaida Catalan et Michael Sharp, deux experts de l'ONU, ont été tués en RDC en 2017 alors qu'ils enquêtaient sur des tueries de masse.
Zaida Catalan et Michael Sharp, deux experts de l'ONU, ont été tués en RDC en 2017 alors qu'ils enquêtaient sur des tueries de masse. RFI

Le procès des assassins présumés d’experts de l’ONU pourrait bientôt toucher à sa fin, près de quatre ans après avoir été ouvert. L’Américain Michael Sharp et la Suédoise Zaïda Catalan ont été tués le 12 mars 2017 dans la province du Kasaï-Central, secoué à l’époque par une insurrection de miliciens se réclamant du chef Kamuina Nsapu, un chef coutumier qui s’était rebellé contre l’autorité de l’État et qui avait été tué. L’annonce du passage au réquisitoire et aux plaidoiries inquiète les chancelleries. Des appels ont été lancés jusqu’au plus au sommet de l’État.

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Depuis le début, ce procès fait l’objet d’un bras de fer entre les Nations unies et la justice militaire congolaise. Quelques jours après l’ouverture, un porte-parole de l’ONU avait ouvertement critiqué sa crédibilité. Dans le plus grand secret, la police des Nations unies enquêtait sur ce double assassinat. Quand l’auditorat militaire imputait la responsabilité aux seuls miliciens Kamuina Nsapu, les policiers onusiens, eux, mettaient en cause un témoin devenu principal accusé, Jean Bosco Mukanda.

Ce dernier, très proche de l’armée congolaise, relayait le point de vue des autorités, accusant les chefs locaux d’être responsables de cet assassinat. Mais au fil des mois et des enquêtes, il ressort que des agents de l’État étaient impliqués. Sur pression des États-Unis et de la Suède notamment, le secrétaire général de l’ONU avait nommé fin 2017 un mécanisme de suivi, censé soutenir l’instruction congolaise. Plusieurs agents de l’État ont été arrêtés, dont un colonel, Jean de Dieu Mambweni.

Mais depuis quelques semaines déjà, le président de la cour militaire annonce la fin des débats, alors que l’auditeur militaire reprend la thèse initiale et impute ce crime aux seuls miliciens. À différents niveaux, les États-Unis et la Suède avaient insisté pour que la justice militaire coopère avec les experts onusiens et tienne compte des éléments de preuve qu’ils avancent, jusqu’ici largement en vain.

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