Manifestations de collectifs à Dakar: une convergence des luttes pour demander réparation

Le leader du Frapp au Sénégal, Guy Marius Sagna, à Dakar le 8 mai lors d'un rassemblement multi-lutte.
Le leader du Frapp au Sénégal, Guy Marius Sagna, à Dakar le 8 mai lors d'un rassemblement multi-lutte. © Théa Ollivier/RFI

Au Sénégal, quinze collectifs regroupés au sein de l’organisation multi-lutte Doyna (« ça suffit » en wolof) se sont rassemblés samedi 8 mai sur la place de l’obélisque à Dakar pour dénoncer la spéculation foncière, la démolition de maisons, les licenciement abusifs, les recrutement clientélistes, etc. Tous dénoncent d’être victimes d’injustices et demandent une réparation de l’État. Un rassemblement autorisé et encadré par le mouvement Frapp France Dégage.

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Avec notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier

Pancartes à la main, les quinze collectifs ont expliqué leurs revendications chacun à leur tour. Samuel Mokhtar Ba est président d’un collectif qui regroupe des menuisiers ou mécaniciens qui ont été expulsés de leur lieu de travail :

« L'expropriation forcée est trop banale au Sénégal, ce n'est pas normal, il faut que cela cesse. tous ces gens qui sont là ont subi des injustices foncières, et ensemble, nous serons plus forts. »

Ibrahima Ly, du collectif Jaxaay, est venu réclamer les logements promis par l’État quand leurs maisons ont été détruites en 2005.

« Ce ne sont pas que les gars des garages qui sont là, il y a également des étudiants, des gens qui ont été victimes de spoliation, qui viennent réclamer leurs droits afin que justice soit faite. Parce que nous pensons encore une fois que nous sommes dans un pays de droit. »

L’opposant politique Ousmane Sonko a écouté les revendications dans le public, avant de partir sans adresser la parole aux journalistes.

Guy Marius Sagna, membre fondateur du mouvement Frapp–France Dégage, a de son côté rappelé l’importance de rendre plus audibles les différentes luttes.

« C'est la somme de plusieurs frustrations qui a donné naissance à ce que certains ont appelé la vague des mois de février et mars 2021. Si l'on veut éviter une seconde vague, nous lançons un appel aux autorités pour qu'elles règlent les revendications des populations. »

Une nouvelle manifestation est prévue après le ramadan si aucune réponse des autorités n’est obtenue.

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