Témoignage

Nigeria: une étudiante et ex-otage d'Afaka témoigne de sa dure captivité

Des lycéennes enlevées à Jangebe lors de leur libération, le 2 mars 2021, au Nigeria.
Des lycéennes enlevées à Jangebe lors de leur libération, le 2 mars 2021, au Nigeria. REUTERS - AFOLABI SOTUNDE

Les kidnapping sont en forte augmentation au Nigeria. La trentaine d'étudiants d'Afaka, enlevés il y a deux mois, ont finalement retrouvé leurs familles il y a deux jours. L'une de ces ex-otages, Fatima, qui était enceinte lors du rapt, a raconté à RFI en Haoussa le calvaire qu'ils ont enduré durant leur captivité.

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Leur supplice a commencé immédiatement après leur enlèvement, selon cette jeune étudiante. Elle raconte au micro de notre collègue Aminu Sadi Sano, comment leurs ravisseurs les avaient éloignés à toute vitesse de la zone où ils les avaient capturés.

« Nous avons marché pendant près de deux heures en pleine forêt avant de rejoindre le groupe d'étudiants garçons. On a marché encore deux heures de plus avant de rejoindre un endroit où nos geôliers avaient garé leurs motos. Après on a fait deux heures de route sur leurs motos. »

Longues marches forcées, des coups incessants, des brutalités au quotidien... Fatima revient ensuite sur le calvaire qu'elle a enduré durant ses deux mois de captivité : « Oui, nous avons souffert, je ne sais pas comment décrire, mais nous avons beaucoup souffert. Depuis que je suis né, je n'ai jamais marché aussi longtemps. En plus, ils nous agressaient sans arrêt. Parfois ils nous frappaient avec des bâtons, parfois avec la crosse de leur fusil ou n'importe quoi. Ils étaient particulièrement violents quand ils n'arrivaient pas à contacter nos parents pour réclamer une rançon. Cela les mettait en colère et il nous frappaient. Moi, j'étais enceinte de deux mois, mais avec tout ce que j'ai endure, j'ai fait une fausse couche et j'ai perdu mon bébé. »

De nombreux autres jeunes étudiants sont toujours retenus en otages dans cet État du nord-ouest du Nigeria, notamment seize de l’université de Greenfield enlevés le 20 avril dernier. Leurs familles vivent dans l'angoisse, alors que cinq de leurs camarades ont déjà été abattus par leurs geôliers.

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