Tchad: dégradation de la situation autour des rassemblements contre les autorités

Échauffourées à Ndjamena, le 27 avril 2021 (image d'illustration).
Échauffourées à Ndjamena, le 27 avril 2021 (image d'illustration). AFP - ISSOUF SANOGO

Des violences ont éclaté ce samedi matin en plusieurs points de Ndjamena, la capitale du Tchad. Des sources évoquent des blessés, des tirs à balles réelles, plusieurs arrestations également. Tout cela alors que la coalition citoyenne Wakit Tama avait prévu des rassemblements, finalement tolérés « in extremis » contre des autorités de transition jugées illégitimes.

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Avec nos envoyés spéciaux à Ndjamena, David Baché et Julien Boileau

Tout était très calme au petit matin et la situation s’est dégradée d’un coup, vers 6h45 (locale). Les manifestants présents au point de rendez-vous fixé par les organisateurs de la marche à l’espace Fest Africa dans le VIe arrondissement se sont fait tirer dessus par la police. Des témoins parlent de tirs à balles réelles et à bout portant. Deux blessés ont été transférés à l’hôpital et il y a eu neuf arrestations, selon des responsables du mouvement Wakit Tama.

Lacrymogène

Les envoyés spéciaux de RFI ont eux-mêmes essuyé des tirs de lacrymogène dans les jambes. La foule a été dispersée mais les forces de police les ont obligés à monter dans leur véhicule. Ils ont saisi leur matériel et leur chauffeur a reçu des coups de chicot. Ils ont rapidement été libérés, mais sans récupérer leur matériel d’enregistrement. Les policiers leur ont assuré qu'ils pourraient le récupérer plus tard.

Autres rassemblements

D’autres rassemblements sont signalés dans d’autres quartiers de Ndjamena, à Walia, à Atrone avec également des tirs de lacrymogène. La marche initialement prévue et officiellement interdite, mais tolérée, selon les déclarations hier soir du porte-parole du gouvernement ressemble finalement à la journée du 27 avril avec des mouvements épars réprimés dans la violence. Pas de mort à signaler à ce stade, il est encore très tôt.

Dans un premier temps, les autorités ont publié des règles qui rendaient impossible d'organiser légalement des rassemblements aujourd'hui, mais elles ont ensuite annoncé tolérer les manifestations du jour, sous réserve qu'elles demeurent pacifiques et en assurant qu'elles seraient scrupuleusement encadrées.

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