Éthiopie: émotion après l'exécution extrajudiciaire d'un jeune oromo

Des membres d'une milice Amhara combattant aux côtés des forces fédérales s'entraînent dans un village au nord de Bahir Dar, le 10 novembre 2020.
Des membres d'une milice Amhara combattant aux côtés des forces fédérales s'entraînent dans un village au nord de Bahir Dar, le 10 novembre 2020. © AFP/EDUARDO SOTERAS

La vidéo d'une scène d'exécution extrajudiciaire suscite une certaine émotion en Éthiopie. Il s'agit d'une scène filmée par les forces spéciales de la région de l'Oromiya, où un jeune homme est exécuté sans jugement. Il était accusé d'être un assassin de l'Armée de libération oromo, qualifiée d'organisation « terroriste » par le gouvernement.

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La scène a eu lieu dans le centre-ville de Dembidolo, une bourgade isolée de l'ouest de l'Oromiya. Le jeune prisonnier a d'abord été paradé et filmé dans la rue, un pistolet autour du cou. Sous la menace, il a été forcé de marcher en criant « je suis membre d'un escadron de la mort, ne faites pas ce que j'ai fait ». Quelques minutes plus tard, il a été menotté, puis interrogé face à un téléphone qui le filmait. Ses parents ont été amenés sur place. Puis il a été froidement abattu.

Pour un avocat, c'est un « assassinat »

Le jeune garçon se nommait Amanuel Wondimu. C'était un lycéen de troisième, bien connu dans son quartier, selon les témoignages recueillis par le journal Addis Standard, qui a enquêté sur l'affaire et recueilli quelques réactions scandalisées. D'autant que le film de l'exhibition forcée et de la mort du jeune homme a été sciemment diffusée par les autorités locales. Puis, que le chef de la sécurité de la zone a justifié ce geste à la BBC amharique, disant que la culpabilité du jeune homme était « confirmée ».

Dans le Addis Standard, un avocat a pourtant estimé que les tireurs, ainsi que leurs chefs, pouvaient être poursuivis pour « assassinat ». Et la Commission nationale des droits de l'homme, organisme semi-public, demandé que justice soit faite, disant que les exécutions extrajudiciaires « sapent la confiance dans l'État de droit ».

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