Comores: le président Azali gracie par décret son ancien vice-président Djaffar Ahmed

L'ancien vice-président comorien Djaffar Ahmed. (image d'illustration)
L'ancien vice-président comorien Djaffar Ahmed. (image d'illustration) AFP - JOEL SAGET

Condamné par contumace en 2018 à perpétuité avec 30 ans incompressibles pour tentative de coup d’État, l’ancien colistier d’Azali Assoumani avait quitté le pays avant d’être inquiété par la justice après avoir accusé le chef de l’État de dérive dictatoriale lorsqu’il a organisé, à mi-mandat, un référendum constitutionnel lui permettant de rester au pouvoir pour deux quinquennats supplémentaires.

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Avec notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama

Djaffar Ahmed a été « gracié de la totalité de la peine » stipule le décret présidentiel qui rend sa liberté et donc la possibilité d’enfin revenir au pays à l’ancien vice-président. Une vague d’arrestations d’opposants politiques avait succédé à la validation des résultats définitifs du référendum constitutionnel ayant permis au président Azali d’être rééligible. Rendu à la vie civile, le vice-président Djaffar s’était alors envolé pour la Tanzanie en septembre 2018.

Une quinzaine de condamnations dans cette affaire dite « du coup d’État » étaient tombées, mais l’ensemble des prisonniers avait été amnistié quelques mois après la réélection du président Azali. Ce nouveau pardon présidentiel intervient à la fin du mois sacré du ramadan, mais également à quelques jours du 26 mai, date à laquelle le chef d’État est traditionnellement investi aux Comores.

Sans le changement de Constitution, ce 26 mai 2021 aurait dû voir l’investiture d’un président issu de l’île d’Anjouan. L’ensemble de l’opposition brandit régulièrement cette date comme terme du mandat légal d’Azali Assoumani.  Cette grâce apparaît donc comme un geste du président visant à maintenir la paix sociale.

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