Guinée Bissau: le président portugais de Sousa et la question de la «pension de sang»

Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló (g.) et son homologue portugais Marcelo Rebelo de Sousa (d.) au Palais de Belèm, à Lisbonne, le 8 octobre 2020.
Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló (g.) et son homologue portugais Marcelo Rebelo de Sousa (d.) au Palais de Belèm, à Lisbonne, le 8 octobre 2020. © LUSA - António COTRIM

Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa est à Bissau pour une visite officielle de 24 heures. Si la visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des liens historiques entre Lisbonne et Bissau, elle constitue une occasion pour les descendant des anciens soldats de l’armée coloniale de réclamer « la pension de sang » que doit à leurs parents l’ancienne puissance coloniale.

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Marcelo de Sousa est le troisième chef d’Etat portugais à fouler du pied le sol de cette ancienne colonie d’Afrique de l’Ouest, 31 ans après Mario Soares. La question de la « pension de sang » avait plusieurs fois été évoquée en marge des rencontres entre autorités bissau-guinéennes et leurs homologues portugais, mais sans résultats. La plupart des soldats bissau-guinéens de l’armée coloniale portugaise sont d’ailleurs morts sans toucher le moindre sou de leur pension. Aujourd’hui, ce sont leurs descendants qui la réclament haut et fort.

Le programme de visite du Président portugais prévoit d’ailleurs une rencontre entre Marcelo de Sousa et le collectif des descendants d’anciens soldats coloniaux.

Le Portugal exige que nos parents aient la nationalité portugaise pour prétendre au paiement de leurs pensions et aux autres droits, explique leur porte-parole. Cela n'est pas juste. Ils avaient engagés nos parents dans la guerre quand ils étaient encore très jeunes. Ceux-ci avaient défendu le drapeau portugais et étaient considérés comme des Portugais.

La question des pensions avait  été évoquée en 1974 à Alger lors des négociations devant aboutir à l’indépendance de la Guinée Bissau. Le PAIGC, mouvement qui a conduit le pays à l’indépendance, ne voulait pas en entendre parler. Le Portugal n’avait alors pris en compte que les anciens soldats de nationalité portugaise laissant sur le carreaux des milliers d’africains. La visite de Marcelo Rebelo de Sousa va donc permettre de remettre sur la table cette épineuse question.

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