Aux Comores, l'agence Campus France accusée de mauvaise gestion

Dans une rue de Moroni, capitale des Comores, en 2019.
Dans une rue de Moroni, capitale des Comores, en 2019. AFP - YOUSSOUF IBRAHIM

A Moroni, Campus France, agence gouvernementale existant dans différents pays à laquelle les lycéens et étudiants étrangers sont obligés de s’adresser quand ils veulent poursuivre leurs études en France, a fait l'objet d'accusations de travail non rémunéré. Son directeur, Renaud Vely, un agent contractuel d’Etat français, a été mis en cause dans un courriel dénonçant une mauvaise gestion sur fond de racisme car les vacataires comoriens accusaient deux mois de retard de salaire quand les expatriés, eux, ont été rémunérés en temps et en heure pour le même travail. 

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Avec notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama

À Moroni, Campus France, agence gouvernementale par laquelle lycéens et étudiants doivent passer pour poursuivre leurs études en France, est accusée de mauvaise gestion.

C’est un appel à l’aide anonyme qui a été adressé à différents cadres du poste consulaire français de Moroni. Une question y revient en boucle : « y a-t-il une gestion saine et honnête de la part du responsable des comptes ? »

Renaud Vely, le directeur de Campus France, y est présenté comme coutumier du fait puisque l’an dernier, des mois d’arriérés de salaire étaient également enregistrés. Circonstance aggravante cette année où de nouveaux vacataires expatriés ont été recrutés, conjoints de personnel d’ambassade de France pour la plupart, ils ont eux, bien été payés en temps et en heure. Ce « deux poids deux mesures » est interrogé dans le courrier comme une forme d’apartheid.

Pour l’ambassadrice de France aux Comores, il s’agit plutôt d’une maladresse du directeur de l’agence. Elle déplore, sans pour autant nier le fond du problème, l’anonymat de telles dénonciations à l’encontre de M. Vely. Selon la diplomate, ça n’a fait que retarder la recherche de solutions puisque le message n’a pas été traité de manière prioritaire.

Les vacataires comoriens ont finalement reçu un chèque antidaté couvrant un seul mois de retard de salaire, après l’Aïd. Par ailleurs, l’ambassadrice annonce vouloir adopter plusieurs nouvelles dispositions en cours de validation par Paris et la régie comptable à Madagascar et régler les arriérés restants dans les plus brefs délais.


Droit de réponse 

Renaud Vély, Directeur de Campus France, mis en cause personnellement sans avoir été même interrogé, élève évidemment la protestation la plus véhémente contre une accusation de racisme diffamante fondée sur deux mails anonymes et démentie par de nombreux témoignages de son entourage et de ses amis comoriens et malgaches. Cette attaque est d'autant plus choquante qu'elle jette l'opprobre sur sa famille dont le visage franco-indien témoigne à lui seul de son ouverture sur le monde. Les réels et regrettables retards de certains paiements de prestations par Campus France ont pour origines des difficultés au niveau de la régie dont le montant plafonné n'a pas permis d'absorber le volume exceptionnel d'activités des vacataires du fait du quasi-doublement du nombre de postulants comoriens aux universités françaises, passant de moins de 2 300 en 2020 à plus de 4 200 en 2021. Le simple examen des bordereaux de paiements permet de contester toute idée de discrimination. Des intervenants expatriés ont été réglés après des intervenants comoriens, comme l'inverse. La nationalité n'a jamais été un critère de versement des sommes dues en bonne date.

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