Reportage

À Ceuta, des habitants se mobilisent pour venir en aide aux migrants

Des mineurs marocains font la queue pour recevoir un peu de nourriture, à Ceuta, le 19 mai 2021.
Des mineurs marocains font la queue pour recevoir un peu de nourriture, à Ceuta, le 19 mai 2021. REUTERS - JON NAZCA

Dans l’enclave espagnole de Ceuta, les autorités locales estiment entre 8 et 10 000 le nombre de migrants arrivés depuis le début de la semaine. Et à 7 000 le nombre de ceux qui sont repartis volontairement ou ont été reconduits au Maroc. Parmi ceux qui restent à Ceuta (dont de très nombreux mineurs), une partie est accueillie dans des centres, où ils dorment, sont nourris et reçoivent des produits d’hygiène de base. D’autres se trouvent encore dans les rues de la ville. Des habitants se mobilisent pour leur venir en aide. 

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Avec notre envoyée spéciale à Ceuta,  Magali Lagrange

Mamadou porte encore autour du cou le papier que lui a donné l’hôpital mardi dernier après son arrivée à la nage, en même temps que des milliers de personnes, en grande majorité des Marocains. Avant de passer la frontière, ce Guinéen de 23 ans a marché depuis Tanger.

Depuis, il dort dans la rue. Il pointe du doigt des rochers en bord de mer, sur lesquels il pose un carton la nuit, sans pouvoir se couvrir. Debout, appuyé sur une rambarde qui surplombe une plage où quelques familles profitent du soleil, il vient de manger une assiette de pates.

« Pour manger, on vient ici. Il y a des gens qui partagent, il y en a qui nous donnent à manger. Ce n’est pas régulièrement, c’est de temps en temps qu’ils nous donnent. »  

Aujourd’hui, ce sont 4 personnes, une famille de Ceuta, qui sont venues faire la distribution, dans des assiettes en plastique, avec une brique de jus de fruits. La marmite est posée dans le grand coffre de leur voiture.

« Nous sommes là pour soutenir ces enfants. Parce que c’est vrai, ce sont des enfants, ce ne sont pas des adultes qui peuvent se défendre tout seuls. Ils n’ont pas à manger. Ils n’ont pas de vêtements. Et donc nous leur venons en aide comme nous pouvons. Nous sommes des familles anonymes, nous ne sommes pas des ONG ni rien. Mais il y a tous ces enfants qui pourraient être les nôtres, donc nous avons voulu leur offrir un plat aujourd’hui. »

Rachida estime avoir donné plus d’une centaine de plats. La marmite est déjà vide, quand un dernier garçon s’approche. Elle regrette de ne pas avoir prévu davantage mais promet de revenir, jusqu’à ce que le problème soit réglé.

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