Afrique du Sud: la radioactivité pour tenter de sauver les rhinocéros

Des scientifiques veulent rendre les cornes de rhinocéros radioactives pour réduire le trafic d'ivoire et sauver l'espèce.
Des scientifiques veulent rendre les cornes de rhinocéros radioactives pour réduire le trafic d'ivoire et sauver l'espèce. © STEPHANE DE SAKUTIN/AFP PHOTO

En Afrique du Sud, une équipe de chercheurs tente de rendre la corne du rhinocéros radioactive en utilisant la technologie nucléaire. Ce projet a pour but de rendre le trafic d'ivoire beaucoup plus difficile.

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Le projet a été initié par l'université de Witwatersrand en partenariat avec une université américaine, un organisme australien et l'agence fédérale russe de l'énergie atomique Rosatom. L'idée est de creuser un trou minuscule dans la corne du rhinocéros pour y glisser un fragment radioactif petit comme un grain de sable. Le procédé est sans douleur pour les rhinocéros, car il n'y a pas de nerf sensitif dans cette partie de leur anatomie.

Ryan Collier, le PDG de Rosatom pour l'Afrique centrale et australe, explique en quoi cette technique devrait rendre le trafic d'ivoire plus difficile :  « Notre objectif est de réduire la demande en rendant la corne moins attractive parce que les gens sauront qu'elle est potentiellement radioactive. Et aussi rendre son transport beaucoup plus compliqué, avec environ 10 000 détecteurs de radiation dans les aéroports et les ports à travers le monde, cela augmentera les chances d'arrêter les trafiquants »

Vérifier que la méthode est sans danger

Mais il faut d'abord s'assurer que cette méthode est sans danger pour la santé de l'animal. Deux rhinocéros jouent les cobayes en ce moment. Le professeur James Larkin à l'origine de cette idée s'occupe de cette première phase de l'expérience : « Nous devons être sûrs que ce que nous mettons dans la corne ne migrera pas et n'exposera pas les organes internes à de la radioactivité, pour cela nous ferons dans les prochaines semaines des prélèvements sanguins et dans les matières fécales pour vérifier qu'il n'y a pas de mouvement du produit de la corne vers le corps du rhinocéros »

Si les résultats sont concluants, le professeur Larkin fera une annonce à l'occasion de la journée mondiale du rhinocéros en septembre. Il rêve d'ouvrir cette technologie aux organismes de conservation à travers le continent et pourquoi pas l'étendre aux défenses des éléphants ?

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