Mali: situation tendue après l’annonce du nouveau gouvernement

Le Premier ministre malien Moctar Ouane.
Le Premier ministre malien Moctar Ouane. AP - FRANK FRANKLIN II

Pour la formation du nouveau gouvernement au Mali, le Premier ministre Moctar Ouane et le président de Transition ont fait le choix de se séparer de deux figures emblématiques de l’ex-junte. Après l’annonce, la situation s’est tendue. Selon un proche du Premier ministre, le Premier ministre et le président ont été conduits à Kati, fief de l’ex-junte.

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Avec notre correspondant à Bamako, Serge Daniel

C'est une nouvelle équipe gouvernementale composée de représentants de plusieurs partis politiques, des proches du Premier ministre et du principal parti du M5 mouvement qui a participé à la chute de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Deux colonels, hommes-clés de la junte qui a pris le pouvoir en août dernier et qui occupaient le portefeuille de la Défense et celui de la Sécurité, quittent le gouvernement. Sadio Camara et Modibo Koné sont remplacés par deux généraux de l’armée. Parmi eux, Souleymane Doucouré, un pilote d’avion très respecté par la troupe, devient le nouveau ministre de la Défense.

Au poste des Finances, Dionké Diarra qui était précédemment aux Affaires foncières et qui est un proche du Premier ministre.

Dans cette équipe de 25 membres, des ministres conservent leur portefeuille comme Kadiatou Konaré, au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.

Les groupes armés de l’ex-rébellion et ceux proches du pouvoir sont représentés dans le nouveau gouvernement d’ouverture.

Autre détail, L’URD, le principal parti du M5, mouvement qui a participé à la chute de l’ancien président, Ibrahim Boubacar Keïta, fait une entrée en force au gouvernement avec deux portefeuilles : celui des Affaires foncières et celui de l’Éducation nationale.

Mécontentement des militaires 

Peu après l’annonce du remaniement ministériel, des hommes armés se sont rendus au domicile officiel du Premier ministre Moctar Ouane.  Il a eu le temps de déclarer, au téléphone, la présence de militaires chez lui : « Des militaires actuellement chez moi. Ils sont en train de me conduire chez le président de la Transition », Bah N'Daw, avec lequel il partage un mur mitoyen.

Un autre témoin de la scène ajoute : « Ce sont les hommes de l’ex-junte qui ont contraint le Premier ministre à se rendre chez le président. Ils étaient armés ».

D’après un autre proche du Premier ministre, le Premier ministre et le président ont été conduits à Kati, fief de l’ex-junte. Pourquoi ont-ils été conduits là-bas ? Combien de temps vont-ils rester dans cette ville garnison située à 15 km de Bamako, on ne le sait pas encore.

D’après nos informations, le médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, Goodluck Jonathan est attendu à Bamako ce mardi.

D’autres informations circulent, mais pas de confirmation, donc prudence. En revanche, ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est que les ténors de l’ex-junte n’ont pas approuvé le remaniement qui a vu deux des leurs quitter le ministère de la Sécurité et celui de la Défense. Et les deux sont de la Garde nationale. Depuis plusieurs jours, on parlait, ici, de mécontentement des militaires. Est-ce une conséquence directe ? Certains le pensent. Il faut attendre pour savoir la suite de l’histoire.

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