Le Togo accueille les états généraux de l'eco, la future monnaie ouest-africaine

Siège de la Cédéao, à Lomé au Togo.
Siège de la Cédéao, à Lomé au Togo. AFP PHOTO PIUS UTOMI EKPPEI

Près de 200 invités sont à Lomé dès ce mercredi pour évoquer la nouvelle monnaie, l’eco, décidée le 21 décembre 2019 à Abidjan par les présidents français et ivoirien, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara.

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Avec notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbé

Il est prévu que cette monnaie remplace à terme le franc CFA dans les huit pays de l’Union economique et monétaire ouest-africaine, pour devenir plus tard la monnaie unique des 15 pays de la Communauté economique des États de l’Afrique de l’Ouest. Comment doit se faire la transition du CFA vers l’eco ? Une question qui suscite tout un débat d’universitaires, mais aussi de personnalités politiques et de la société civile en vue de proposer une feuille de route aux chefs d’État et de gouvernement pour les aider dans leur prise de décision.

C’est une initiative de la faculté des sciences economiques et de gestion de l’université de Lomé pour circonscrire les contours de la nouvelle monnaie et voir dans quelle mesure elle crée ou non une séparation avec le franc CFA, dans quelle mesure elle embrasse les 15 États de la Cédéao et comment va se faire la transition du franc CFA à l’eco.

Tout un programme qui va se faire en deux formats : un premier réunissant les économistes avec un modèle économétrique et un second sous forme de panel avec les sociétés civiles, les politiques et les faiseurs d’opinion.

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Parmi les deux cents invités, on retrouve les anti-CFA, comme l’initiateur du colloque, Kako Nubukpo, qui depuis 20 ans estime que le franc CFA n’est pas une bonne monnaie parce que, dit-il, c’est une monnaie trop forte, arrimée à l’euro, elle fonctionne comme une taxe sur les exportations, une subvention sur les importations entrainant une balance commerciale structurellement déficitaire.

Il y a un objectif de recherche, nourrir la littérature grise sur le fait monétaire en Afrique de l’Ouest. Et à côté, nous avons comme ambition avec ce forum, de proposer une feuille de route.

Kako Nubukpo, économiste, commissaire du Togo à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et initiateur de ces états généraux

À côté de lui, on retrouve les soutiens du CFA parmi lesquels Lionel Zinsou du Bénin, Michel Khalif du Togo.

Ceillou Dalein Diallo de la Guinée-Conakry, Ousmane Sanko du Sénégal et Succès Masra du Tchad devraient prendre part aux débats par visio-conférence, leurs pays leur ayant refusé leur sortie du territoire.

Les états généraux de l’eco se terminent ce vendredi 28, mais le rendez-vous doit se renouveler. Tous les deux ans se tiendront désormais les « Conversations monétaires de Lomé » pour faire le point notamment sur l’évolution de l’eco.

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