Les Comores sous haute tension avant l'investiture d'Azali Assoumani

Azali Assoumani, le président des Comores, à Paris le 5 décembre 2019.
Azali Assoumani, le président des Comores, à Paris le 5 décembre 2019. Boris Vichith/RFI

Ce 26 mai, date d'investiture traditionnelle du nouveau chef de l’État, les tensions politiques sont exacerbées car un nouveau président aurait dû prendre ses fonctions. Mais le chef de l’État, Azali Assoumani, en exercice depuis 2016, a pu se présenter à sa propre succession et être réélu en 2019, après un changement de Constitution, en 2018. Depuis le début de la semaine, l’armée et la police nationale ont été déployées dans la capitale et ses alentours. 

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Avec notre correspondante à Moroni, Anziza M’Changama

Le 26 mai, date à laquelle traditionnellement le nouveau président est investi, aurait dû voir cette année l'accession au pouvoir d'un président originaire de l'île d'Anjouan en vertu du principe de présidence tournante entre les îles. Le changement de Constitution a permis au président Azali d'être réélu en 2019. Cette date, brandie par le front commun de l'opposition comme celle de la sortie d'Azali Assoumani du palais présidentiel, cristallise les tensions.

Le front commun de l’opposition s’est vu refuser une autorisation préfectorale de rassemblement. Cependant les appels à rébellion fusent, en particulier en provenance d’opposants en exil à l’étranger. Inadmissible répond Mohamed Daoud, le ministre de l’Intérieur.

« Je dois vous rappeler que nous sommes dans une situation de crise sanitaire sans précédent. Les rassemblements sont interdits. A partir du moment où il y a des gens qui font l’apologie de la violence, qui veulent déstabiliser le pays, il est de mon devoir de prendre toutes les mesures qui s’imposent. En plus, il faut comprendre qu’on a un pays avec une Constitution : chacun est libre de s’exprimer librement mais dans le respect des règles établies. »

Les autorités ont déployé un important dispositif afin de sécuriser la population affirme le ministre. « Je trouve que c’est normal que l’on renforce le dispositif de sécurité. Je tiens d’ailleurs à dire que nous ne tolérerons aucun débordement. C’est normal qu’on prenne des mesures préventives. Maintenant ils ne peuvent pas instaurer un climat de peur donc j’appelle au calme et à la retenue. Je veux aussi rassurer la population et lui dire qu’on est dans une situation normale. La vie continue. »

Le président Azali célèbrera son deuxième anniversaire de mandat avec une modeste cérémonie, gestes barrières obligent.

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