Procès Guillaume Soro: les soldats de la garde rapprochée à la barre

L'ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro et 19 de ses proches sont accusés de «complot», et de «tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat» (image d'illustration).
L'ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro et 19 de ses proches sont accusés de «complot», et de «tentative d’atteinte à l’autorité de l’Etat» (image d'illustration). Lionel BONAVENTURE / AFP

Au troisième jour du procès de Guillaume Soro et de 19 de ses proches pour « complot », et « tentative d’atteinte à l’autorité de l’État », le tribunal a tenté de comprendre pourquoi des armes ont été retrouvées dans la lagune à Assinie. Lors de l’audience, le commandant Jean-Baptiste Kassé Kouamé a avoué avoir ordonné à ses hommes le 23 décembre 2019 de détruire des armes entreposées au siège du mouvement politique GPS, en les jetant à l’eau, craignant qu’elles ne soient dérobées.

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De notre correspondant à Abidjan,

En l’absence des 11 autres accusés -  priés de quitter le tribunal afin de favoriser « la recherche de la vérité » selon les termes du président -  trois militaires ont été appelé à la barre : le commandant Kassé Kouamé, Lamine Traoré, un sous-officier sous ses ordres, et Emmanuel Silué, soldat et chauffeur - tous étaient, au moment des faits, détachés à la protection rapprochée de l’ancien Premier ministre, Guillaume Soro.

Au début de l’audience, le président pointe du doigt les scellés présentés à la tribune, repêchés dans la lagune à Assinie selon l’enquête judiciaire -  des kalashnikovs vétustes, mais aussi deux lance-roquettes, et un fusil à lunette - puis s’adresse au chef de cette garde rapprochée, le commandant Kassé Kouamé. « Est-ce des armes de guerre ou c’est juste pour chasser des oisillons ? », interroge-t-il avec ironie.  

Le commandant réfute tout lien avec « les armes lourdes », mais admet avoir demandé à six de ses hommes de « détruire » un stock de 30 kalashnikovs, appartenant selon lui, à d’anciens soldats de la protection rapprochée, affectés à d’autres postes après la démission de Soro du poste de président de l’Assemblée nationale. 

« Comme nous devions partir, j’avais peur qu’on puisse prendre ces armes », explique-t-il en décrivant un climat politique  « chaud » ce 23 décembre 2019. « On arrêtait les gens à gauche à droite, je ne savais pas quoi faire », se souvient-il, en concédant avoir commis « une erreur ». 

►À lire aussi : Côte d'Ivoire: les avocats de Guillaume Soro dénoncent un «simulacre de procès»

Pourquoi avoir jeté ces armes dans la lagune aux abords de la résidence de Guillaume Soro « dans un rayon bien rétréci » et non pas à Abidjan a toutefois demandé plusieurs fois le président du tribunal. Des questions restées sans réponses tandis que les deux autres soldats accusés ont affirmés n’avoir été que de simples exécutants.

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