RDC: vers la signature d’un programme de trois ans avec le FMI

Le siège du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, le 8 avril 2019.
Le siège du Fonds monétaire international (FMI) à Washington, le 8 avril 2019. REUTERS/Yuri Gripas/File Photo

Après un marathon de trois semaines de négociations, les délégations du gouvernement congolais et du Fonds monétaire international (FMI) se sont mis d’accord sur le contenu d’un programme de trois ans. Si cet accord est validé par la direction et le Conseil d’administration du FMI, la RDC pourrait commencer à toucher un premier décaissement dès la mi-juin sur les quelques 1,5 milliards de dollars de prévus.

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Cela fait plus d’un an et demi que le président Félix Tshisekedi essaie d’obtenir l’ouverture de ces négociations et la signature d’un programme avec le FMI. Il faut dire que l’enjeu est énorme. Tout d’abord, le montant d’1,5 milliards de dollars pour un État qui cherche désespérément à accroitre ces recettes est conséquent, mais la signature de ce programme, si elle intervenait en juillet, pourrait ouvrir la voie à d’autres financements. Avec ce programme, la RDC prendrait de nombreux engagements.

Rétablissement de la TVA

D’abord, il y a tous ceux que le gouvernement n’avait pas pu réaliser jusqu’ici. Que ce soit la réforme de la gouvernance de la Banque centrale, avec notamment la mise en place d’un nouveau Conseil d'administration qui doit se faire avant la signature, mais aussi le rétablissement de la TVA, qui va s’inscrire dans une réforme plus large de la fiscalité. Il y a enfin, les efforts de transparence avec la poursuite de la publication des contrats miniers. Ce programme vise à accroître les recettes et à les réorienter vers des dépenses sociales. Un volet concerne notamment la gestion de la masse salariale de l’État et de la question des retraites.

100 heures de négociation

Cet accord a été obtenu en un temps record, trois semaines, après plus de 50 séances de travail et plus de 100 heure de négociations. Plusieurs points qui ont failli faire échouer les négociations : la réalisation des engagements de transparence sur la gestion des fonds du Covid et puis surtout, la Banque centrale a continué à garantir des engagements pris par l’État vis-à-vis du secteur privé. Le gouvernement s’est engagé à ne plus le faire.

Cet accord est évidemment salué par le ministre des Finances, Nicolas Kazadi. « Il est important de donner un signal qui atteste de notre volonté de ramener la RDC dans de bonnes pratiques en matière économique et financière », a-t-il déclaré à RFI.

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