Tchad: la polémique autour de la nomination de hauts gradés ne s'éteint pas

Soldats tchadiens stationnés le long d'une route à Ndjamena, le 23 avril 2021 (image d'illustration).
Soldats tchadiens stationnés le long d'une route à Ndjamena, le 23 avril 2021 (image d'illustration). AFP - CHRISTOPHE PETIT TESSON

Au Tchad, une semaine après la nomination de hauts gradés la polémique continue. Le décret, en date du 21 mai par le Conseil militaire de transition, qui a nommé des hauts gradés militaires au sein de la DGSSIE, la garde présidentielle, a réveillé les contestations. 

Publicité

Avec notre correspondante à Ndjamena, Aurélie Bazzara-Kibangula

Selon les contestataires, ces nominations ne répondent à aucun souci d'équilibre national et réveillent les discours communautaristes. Ce qui n'encourage pas, selon eux, l'apaisement avant l'ouverture d'un dialogue national inclusif, cadre de réflexion en vue de l’installation de nouvelles institutions de la République.

Coup porté à l'espoir de changement

Les dernières nominations au sein de la garde présidentielle, c'est un coup porté à ceux qui espéraient un changement pendant cette transition, selon l'ONG Action humanitaire africaine. Sur les 37 hauts-gradés nommés à des postes de responsabilité, une large majorité est issue d'une même communauté, celle d'Idriss Déby Itno.

Pour le responsable de la gouvernance au sein de l'ONG AHA, « C’est la continuité, du Déby sans Déby. C’est le même système qui continue. C’est une nomination clanique, régionaliste qui a permis de sécuriser le pouvoir. Ça ne permet pas une réconciliation nationale. Il y a combien d’ethnies au Tchad qui sont dans l’armée ? Elles doivent être représentées. Le Tchad appartient à tous ».

Apaisement

Côté autorités, le porte-parole du gouvernement de transition Abderaman Koulamallah, joue la carte de l'apaisement : « Ce sont tous des Tchadiens qu’on a nommés et qu’on a estimés valables pour ces postes-là. Si des cadres militaires, des cadres politiques se sentent lésés, le gouvernement pourra réajuster cela sans que l’on puisse verser dans la folie des luttes ethniques et tribales qui a causé de grands torts à notre pays ».

Les nominations devront être mises sur la table du dialogue national inclusif, selon une source gouvernementale. Sans cela, dit-elle, difficile de parvenir à une cohabitation pacifique, l'un des objectifs de la transition.

À lire aussi : Tchad: le président Mahamat Idriss Déby a reçu la classe politique et la société civile

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail