REPORTAGE

Éthiopie: le conflit au Tigré oblige les enfants à mendier le long des routes

Partout dans la région éthiopienne du Tigré à cause de la guerre, les gens plongent dans la pauvreté. Les écoles sont fermées. Les enfants déposent de la terre sur les routes pour faciliter la circulation des véhicules. En échange, ils demandent de l’argent aux conducteurs.
Partout dans la région éthiopienne du Tigré à cause de la guerre, les gens plongent dans la pauvreté. Les écoles sont fermées. Les enfants déposent de la terre sur les routes pour faciliter la circulation des véhicules. En échange, ils demandent de l’argent aux conducteurs. © RFI/ Sébastien Németh

Cela fait bientôt sept mois que le conflit a commencé au Tigré, province du Nord de l’Éthiopie. Les exactions contre les civils ainsi que les affrontements entre troupes fédérales éthiopiennes, forces érythréennes et milices Amharas d’un côté et rebelles favorables à l’ancien pouvoir du Tigré de l’autre, ont fait des milliers de morts. La guerre a fait s'effondrer l'économie et a appauvri la population. Désormais, un peu partout sur les routes du Tigré, des enfants mendient le long des routes.

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Avec notre envoyé spécial, de retour du Tigré, Sébastien Németh

Ils sont cinq, âgés de 8 à 18 ans. Avec leurs pelles, ils bouchent les trous, sur la route, avec du sable et demandent, en échange, de l’argent aux conducteurs passant par là. « Les magasins sont fermés, les gens ont fui. C’est dur à la maison. J’essaie donc de ramener un peu d’argent pour acheter à manger. On se donne rendez-vous vers 6h00 et on est là, jusqu’au couvre-feu de 18h00. Les écoles sont fermées à cause de la guerre. Donc on n’a rien d’autre à faire », témoigne Alamnugus, un ancien du groupe.

À chaque véhicule, les enfants s’arrêtent et font signe au chauffeur en espérant un peu d’argent. Ce travail pénible n’est pas non plus sans danger. « On commence tôt. Parfois, il faut retirer de grosses pierres. C’est fatiguant, surtout quand le soleil est fort. Mais chaque somme d’argent peut nous sauver la vie. Sauf quand les militaires passent. Là, on ne demande rien. On a trop peur d’eux car ils tuent les gens », explique Abel, 16 ans.

Un dollar

En fin de journée, les enfants parviennent à récolter parfois un dollar. Aragawi est chauffeur. Voir ces jeunes mendier le désole. « Cela me rend triste et en colère. Ils devraient être à l’école mais à cause du conflit, tous les établissements sont fermés. Des enfants ne devraient pas être contraints de faire ça. Mais ils n’ont pas le choix malheureusement », s’indigne-t-il.

Aujourd’hui, plus de 90 % de la population du Tigré a besoin d’aide humanitaire, selon l’ONU. D’après les observateurs, seul un arrêt du conflit pourrait améliorer la situation.

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