Tchad: plus de la moitié des habitants de la province du lac Tchad déplacés, selon l'ONU

Vue générale du camp de réfugiés de Baga Sola au sud du Tchad, qui a accueilli plus de 10 000 déplacés du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, à cause de la menace de Boko Haram.
Vue générale du camp de réfugiés de Baga Sola au sud du Tchad, qui a accueilli plus de 10 000 déplacés du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, à cause de la menace de Boko Haram. MICHELE CATTANI / AFP

Pour justifier sa décision d’accompagner le CMT qui a pris le pouvoir à Ndjamena après le décès d’Idriss Deby Itno, le Conseil paix et sécurité de l'Union africaine a notamment mis en avant une situation humanitaire qualifiée de « désastreuse » dans le pays, en particulier dans la province du lac Tchad, frontalière du Niger, du Nigeria et du Cameroun. C'est la région dans laquelle sévit Boko Haram. 

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En quelques années, plus de la moitié des 720 000 habitants de la province du lac Tchad ont été déplacés et vivent dans un dénuement total, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha). Rien qu'en deux ans, le nombre de personnes déplacées a été multiplié par trois pour atteindre aujourd’hui plus de 450 000, selon un décompte établi par Ocha en mars de cette année. Un mouvement qui s’est accentué depuis six mois.

« Le déplacement de la population est dû à la montée des eaux et aussi est dû aussi à l’insécurité, c’est-à-dire qu’il n’y a pas un mètre carré qui ne soit occupé par Boko Haram, souligne le secrétaire général de la préfecture de Kaya, Adam Hachim Chafardine. Tout au long de la frontière avec le Nigeria, ils font des actes lâches et attaquent des citoyens et puis, ils se replient. »

« Conditions épouvantables »

Pas d’abris, peu ou pas du tout à manger, manque d’eau potable ou encore de médicaments... Les déplacés qui sont disséminés sur des centaines de sites vivent dans des « conditions épouvantables », selon des témoins. Certains viennent de passer plus de six mois sans aucune assistance.

Malgré leurs bonnes volontés, le système des Nations unies et les ONG actives dans la région sont fortement handicapés notamment par des problèmes d’accès à cause des inondations ou encore pour des raisons de sécurité. Conséquence, selon le responsable administratif : « On peut dire que les déplacés sont en état de besoin. Il y a des organisations internationales et des agences qui sont là, mais leur réponse est insignifiante. »

Mais, plus alarmant, le nombre de déplacés ne cesse d’augmenter suite notamment à un harcèlement permanent de Boko Haram sur les populations des îles du lac Tchad.

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