REPORTAGE

Afrique du Sud: installation de distributeurs d’anti retro-viraux dans les «townships»

Marche contre le sida à Durban, en Afrique du Sud, le 18 juillet 2016.
Marche contre le sida à Durban, en Afrique du Sud, le 18 juillet 2016. REUTERS/Stringer

Le 5 juin 1981, apparaissent les premiers cas identifiés de sida, aux États-Unis. Deux ans plus tard, en 1983, l'Afrique du Sud détectait également deux premiers cas sur son sol. Aujourd'hui, c'est le pays qui compte le plus de personnes séropositives au monde, avec 7,5 millions de cas. Un tiers de ces personnes atteintes du sida ne prend pas de traitement antirétroviral, pourtant gratuit et accessible à tous en Afrique du Sud. Principale cause: le temps d'attente pour retirer les médicaments.

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Romain Chanson

Dans certains centres de santé, il faut parfois attendre une journée entière pour retirer son traitement, ce qui décourage une partie des patients. Afin de réduire cette attente, des distributeurs de médicaments ont été mis en place dans les quartiers populaires. Le premier de ce genre a vu le jour en 2018, dans le township d'Alexandra, au nord de Johannesburg.

En sortant du travail, Tshepiso se rend au distributeur de médicaments. Plus tôt dans la semaine, un SMS lui avait rappelé qu'il était temps de renouveler son traitement antirétroviral. La course lui prendra une poignée de minutes. « C'est rapide et on ne perd pas de temps, contrairement aux cliniques où vous devez faire la queue pendant longtemps, avant de pouvoir récupérer vos médicaments. Ici c'est parfait », dit-elle.

Une machine qui ressemble à un distributeur d'argent

À travers une machine qui ressemble à un distributeur de banque, Tshepiso s'adresse à un pharmacien qui apparaît à l'écran. Depuis un call center, le pharmacien vérifie son identité et son ordonnance. Puis, c'est un robot qui se charge de préparer la commande parmi une armoire à pharmacie qui répond à toutes les maladies chroniques, comme l’explique le pharmacien Taffy Chinamhora.

« Tout le monde peut venir retirer des médicaments ici, que ce soit pour de l'asthme, de l'hypertension ou tout ce que vous voulez. Cette diversité de clients permet d'empêcher toute forme de discrimination et de ne pas identifier ce bâtiment comme un centre pour séropositifs », précise-t-il. L'ONG Right To Care qui dirige ces distributeurs de pharmacie, a ouvert six établissements à travers l'Afrique du Sud. 70% des médicaments retirés sont des antirétroviraux.

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