Burundi: une journée de commémoration nationale pour la mort de Pierre Nkurunziza

La tombe de l'ancien président burundais Pierre Nkurunziza lors de ses funérailles le 2- juin 2020 à Gitega (image d'illustration).
La tombe de l'ancien président burundais Pierre Nkurunziza lors de ses funérailles le 2- juin 2020 à Gitega (image d'illustration). AFP - TCHANDROU NITANGA

Au Burundi, la journée est chômée et payée, car ce 8 juin est désormais la journée nationale du patriotisme et de la commémoration de la mort de Pierre Nkurunziza il y a tout juste un an. L'anniversaire de sa disparition vient donc allonger la liste des journées de célébrations sur le calendrier officiel de l'État et cela suscite la polémique.

Publicité

Les festivités se déroulent depuis ce matin à Gitega, la nouvelle capitale du Burundi, où repose le corps de Pierre Nkurunziza. Elles ont lieu devant l’immense monument funéraire qui est en train d’être érigé autour de sa tombe.

Présents sur place, les plus hauts responsables burundais portaient tous le même pagne à l’effigie du président défunt, avec en invité d’honneur, le vice-président de Tanzanie, Phillip Mpango.

Prières, chansons à la gloire de Pierre Nkurunziza et discours se sont succédé, avec en point d’orgue celui de son successeur, le général Evariste Ndayishimiye, qui a justifié son élévation posthume au rang de « Guide suprême du patriotisme », en le décrivant comme l’homme qui « vaincu les divisions ethniques et qui a installé définitivement la démocratie au Burundi ».

« Si nous portons notre regard en arrière, (on voit que) Pierre Nkurunziza a hérité d’un pays qui était alors miné par toutes sortes de divisions. Sa priorité a été de redresser le pays pour qu’il guérisse de ses maux, et redevienne un pays normal. Puis il a fait du Burundi une véritable démocratie pour laquelle les gens avaient combattus depuis l’indépendance. Avant de nous quitter mission accomplie », a déclaré l'actuel président du Burundi.

L'absence d'Agathon Rwasa remarquée

L'absence du principal opposant burundais, Agathon Rwasa, a été particulièrement remarqué. Le leader historique du parti CNL a refusé de s’associer à cette commémoration. Mais cette opposition de l’intérieur fait profil bas, car « la répression est toujours féroce, même si elle a baissé d’intensité aujourd’hui », explique un député du principal parti d’opposition.

Ce n’est pas le cas de l’opposition et de société en exil qui sont vent debout contre cette commémoration et qui dénoncent ce que certains qualifient d’ « escroquerie », en rappelant que Pierre Nkurunziza a hérité il y a 15 ans d’un Burundi en voie de réconciliation à la suite de la signature de l’accord de paix d’Arusha de 2000. Ils ont donc décidé de leur côté, de commémorer en ce jour « la journée des victimes des 15 ans de dictature Nkurunziza », en publiant sur les réseaux sociaux des centaines de photos des victimes de la crise de 2015.

Cela a suscité une réaction sans équivoque du président Ndayishimiye pour qui « ceux qui ne célèbrent pas Pierre Nkurunziza aujourd’hui sont des suppôts du diable ».

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail